Entretien avec Nathalie Ferrand - "Un livre manifeste"

Entretien avec Nathalie Ferrand -

En 80 pages (et des dizaines d’interrogations) le Syndicat des Femmes Chirurgiens-Dentistes lance un pavé dans la mare et en appelle à l’éco-responsabilité pour une santé pensée dans sa globalité. Rencontre avec l’un de ses auteurs, le Dr Nathalie Ferrand.

Indépendentaire : Pouvez-vous nous raconter la genèse de votre livre ?

Nathalie Ferrand : C’est une entreprise assez difficile à résumer en deux mots ! Au départ de ce travail collectif, il y a la lecture coup de coeur et coup de poing du livre de Béa Johnson « Zéro déchet » (voir encadré en page 41). Il a agi comme un déclencheur et j’ai pensé que cela serait intéressant d’appliquer cette démarche au cabinet dentaire. La lecture de l’ouvrage « La conception éthique, de la pensée au produit » de Laurent Ambroise-Casterot a parachevé cette réflexion. Le hasard faisant parfois bien les choses, nous habitons la même ville d’Albi ! Cela a facilité les choses : j’ai pris contact avec lui, lui ai exposé mon projet et il a rejoint l’aventure. Au sein de laquelle il faut bien entendu compter la commission éco-responsabilité du Syndicat des Femmes Chirurgiens- Dentistes avec Marie Brasset, Gundra Doubovetzky et Hélène Pic qui a permis la naissance de ce livre. Tout est allé très rapidement une fois l’idée posée, la commission a été créée en novembre 2014 et nous ne connaissons Laurent Ambroise-Casterot que depuis le printemps 2015 ! Nous avons choisi de nous faire éditer par Jérôme Poitte, un éditeur albigeois(1), pour encore raccourcir les délais. Le livre a été fin prêt pour l’ADF de la même année. Notre objectif était qu’il soit prêt pour la COP21, pour remettre la santé au coeur des préoccupations environnementales. Mission accomplie !

Pourquoi éditer un ouvrage comme le vôtre précisément maintenant ?

N. F. : Parce qu’il nous faut agir, et vite… Nous savons aujourd’hui que le prochain scandale sanitaire sera celui des perturbateurs endocriniens : ils sont partout ! Ils nous concernent à double titre, parce qu’il y en a dans nos matériaux et parce qu’ils provoquent une pathologie dentaire précise, le MIH (le phénomène d’hypominéralisation des molaires et des incisives). Nous avons décidé de prendre date par rapport à cela. En tant que chirurgien- dentiste, nous nous sentons souvent démunis et incapables d’être certains de l’innocuité même des composites. Alors que la Profession se voit acculée et sans vraiment d’horizons, après avoir commencé à travailler ensemble sur le livre nous avons constaté qu’il existait de nombreuses pistes à explorer. L’idée était de passer de la réaction à l’action, de s’emparer pleinement de toutes les problématiques du cabinet dentaire. Nous avons voulu mettre nos réflexions dans un ouvrage, volontairement court, mais en même temps très, très dense !

Comment les tâches ont-elles été réparties entre les co-auteurs ?

N. F. : Nous avons travaillé tous ensemble, mais avec nos inclinations naturelles, les compétences de chacune ont été mises à contribution. Hélène Pic a mené une réflexion sur la construction éco-responsable pour le cabinet, c’est une expérience qu’elle a menée pour sa maison puis pour son cabinet. Marie Brasset, s’est penchée sur notre contexte réglementaire, le régime obligatoire, les assurances, Gundra Doubovetzky s’est plutôt intéressée à la relation-patient, (la dépendance, l’interdépendance la contre-dépendance). Pour ce faire, elle a mis en place une enquête qu’elle a menée ellemême. Allemande d’origine, elle a fait ses études en France, mais porte un regard différent sur notre société française. C’est en croisant ces différents regards que l’on arrive à nourrir notre réflexion et c’est aussi ce qui fait la force de notre syndicat : nous regroupons des consoeurs de tous les modes d’exercice collaboratrice salarié, dentiste conseil, salarié en mutuelle, praticien libéral, praticien hospitalier… Cela nous permet une analyse prospective sans une vision catégorielle qui pourrait être réductrice. Nous nous concentrons sur ce qui nous rassemble, notre plus petit dénominateur commun : la santé du patient.

Pour qui cet ouvrage a-t-il été écrit ?

P. B. : Notre livre a été écrit en première intention pour la filière dentaire, toute la filière dentaire, avec les industriels sans lesquels nous ne pouvons exercer. Nous avons travaillé avec Henri Rochet, le président du Comident pour alimenter notre réflexion. La question qui se pose concrètement pour l’industrie dentaire aujourd’hui est soit de continuer à améliorer l’existant ou bien de changer de paradigme et proposer une technologie de rupture. Nous y sommes invités par la pression toujours plus forte exercée par les patients. Sous cette pression, et par la prise de conscience des praticiens, nous allons choisir de travailler avec les produits les plus sains et entraîner par là le marché. Ce livre a été aussi écrit en pensant aux patients, qui possèdent un niveau de connaissances de plus en plus important notamment avec l’accès aux sites de vulgarisation. Ils sont pleinement conscients de leurs droits dans la relation thérapeutique, clairement définis et de plus en plus étendus avec par exemple avec les actions de groupe.

La composition des produits est au coeur de vos inquiétudes ?

N. F. : En effet, ce n’est pas un petit problème ! L’inquiétude pour nous praticiens porte sur l’impossibilité face à laquelle nous nous trouvons de connaître la composition exacte de ce que l’on met en bouche. En cause : le secret industriel. Car aussi étonnant et absurde que cela puisse paraître les composites par exemple ne sont pas considérés comme des médicaments, et n’ont donc pas d’autorisation de mise sur le marché à demander. Les produits que nous plaçons en bouche et qui y resteront des années et des années relèvent du droit industriel et commercial. Nos produits vont rester en bouche, milieu chaud et humide, favorable à leurs altérations. Si le bisphénol n’est pas un composant princeps des matériaux dentaires, on peut toutefois le retrouver quand ils se dégradent. C’est ce que l’ADA et la FDI ont reconnu en 2013-2014. De la même manière pour l’amalgame, le mercure est un perturbateur endocrinien identifié. Nous refusons de toutes nos forces d’être des soignants empoisonneurs à notre insu, mais comment rester dans la bienveillance par rapport à nos patients, si l’on est incapable de connaître la liste exhaustive des composants des produits que nous utilisons tous les jours ? Nous organisons en mai de cette année, un colloque au Sénat avec le Réseau environnement santé(2) (celui-là même qui a fait interdire le bisphénol A dans les biberons). Nous sommes une profession responsable et nous estimons que ces questions que nous nous posons (et qui nous sont posées !) ne doivent pas être évitées. Nous devons avoir le courage d’en parler. C’est en ayant ce courage que nous allons pouvoir bouger les choses.

Lorsque vous dites « nous » vous évoquez votre syndicat dont on ne parle qu’à la toute fin de l’ouvrage… pouvez-vous nous le présenter ?

N. F. : Le SFCD a été créé en 1935, bien avant que les femmes aient le droit de vote ! L’une de ses particularités, c’est que nous ne faisons pas d’analyse catégorielle mais systémique, et au-delà du dentaire, nous interrogeons les problématiques de santé en général, avec une réflexion sociétale globale. Nous ne faisons pas de raisonnement en silo, mais interrogeons notre modèle économique basé sur la croissance. La décroissance de production et de consommation pour une croissance humaine ? Les questions sont sur la table. Cet ouvrage aurait pu être écrit par n’importe qui d’autre, mais c’est le SFCD qui l’a fait ! Non pour nous faire remarquer, comme on nous le reproche parfois, mais par conviction : nous osons soulever des questions « avec 80 ans d’avance » comme dit dans notre logo d’anniversaire ! Nous sommes des praticiennes « de base », ni universitaires, ni chercheuses mais nous sommes interessées par toutes ces questions-là en croisant différents points de vue : de celui des chirurgiens- dentistes en passant par celui de la filière industrielle mais aussi celui des patients. Parce que même praticiennes, nous sommes aussi des patientes. De plus, nos équipes au cabinet dentaire sont essentiellement féminines et les problématiques autour de la grossesse et de la maternité nous concernent de très près ! Nous prônons une conception des médicaments différente en prenant en considération deux points : l’impératif écologique absolu, avec un contexte qui ne laisse plus guère le choix (réchauffement climatique, pollution, épuisement des ressources non renouvelables, je pense ici aux terres rares comme le Cobalt utilisé dans tous nos objets numériques modernes qui demandent à de jeunes enfants de travailler – voire de mourir – dans des mines…) et dans un deuxième point, la santé : certes on soigne aujourd’hui de mieux en mieux les cancers, mais on préfère ne pas en avoir ! Nous appelons de nos voeux la santé éco-compatible.

Pouvez-vous nous expliquer le concept de santé éco-compatible ?

N. F. : Il s’agit par là de « soigner l’humain sans rendre malade l’environnement ». Nous ne pouvons pas nous extraire de notre environnement. Par exemple lorsque l’on parle de l’e-santé, de la santé numérique, mesurons-nous précisément l’impact que cela va avoir sur l’environnement ? Nous utilisons des « objets connectés » qui consomment à la fois énergie et terres rares : le tout-numérique va à l’encontre des problématiques environnementales. Et cela ne concerne pas les générations futures : c’est nous, ici et maintenant. Nous poussons le raisonnement citoyen dans nos actions d’achat mais aussi dans le choix de nos partenaires financiers.

Vous établissez un lien entre établissements bancaires et santé éco-compatible ?

N. F. : Il est évident ! Les principales banques où nous plaçons notre argent possèdent des actifs et des succursales offshores qui vont investir dans des sociétés peu respectueuses de l’environnement ou encore dans l’armement. Ces informations sont connues, il est de notre responsabilité de choisir où nous avons nos comptes. Imaginez 1 000 praticiens qui changent de banque ! Le pouvoir d’achat n’est tant tant la capacité financière à acheter, que le pouvoir de choisir ce que l’on achète... ou que l’on achète pas !

Vous placez au centre de vos questionnements le patient, comment envisagez-vous sa place dans notre système de santé actuel ?

N. F. : Tout d’abord permettez-moi une précision terminologique : je dirai pour être plus précise que nous sommes dans un système de soin et non pas dans un système de santé. Dans la santé entre en ligne de compte ce que nous respirons, où nous vivons, ce que nous mangeons, ce que nous buvons et comment nous travaillons… Nous remarquons que la démocratie sanitaire est actuellement envisagée sous le seul angle de la relation patient/praticien. Avec les applications, la télémédecine et le numérique, comment concevoir cette relation thérapeutique ? Nous sommes convaincues qu’il faut faire évoluer cette relation, nos patients possèdent plein d’informations dont la toute première dont ils sont les seuls et uniques détenteurs : comment ils se sentent ! Il ne semble pas pertinent de réduire la démocratie en santé à une simple question de pouvoir dans la relation patient-praticien. Pour le SFCD, la question de fond est « Comment arriver à la santé, comment la maintenir ? » Il n’y a pas de rapport de force, mais une coopération patient-praticien dans un environnement global (pollution, social, alimentation, ...). Une fois les informations données pour obtenir un consentement éclairé, les patients peuvent choisir de ne pas se faire soigner.

Que pensez-vous d’un être humain génétiquement modifié sans pathologie carieuse ?

N. F. : Très simplement finalement : il existe deux choses distinctes, la réparation et l’augmentation. Nous sommes favorables à la technologie pour réparer, mais « augmenter » un patient sain avec par exemple un implant oculaire pour voir plus loin ou pour voir la nuit nous semble une ligne à ne pas franchir. Le GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple, NDLR) investit énormément là-dedans et l’armée se montre intéressée… Le « transhumanisme » considère que l’être humain est dépassé et pense qu’il va falloir augmenter l’homme. Pour ce faire, ils ont besoin de collecter des données pour, à terme, soigner sans médecin. Ce qui se joue est fascinant, nous sommes à un carrefour de civilisation et devons répondre à la question suivante : à qui devons-nous faire confiance, plutôt à l’homme ou aux machines ? Nous entendons parler de décodage du génome dans la perspective de prévoir sa prédisposition à développer telle ou telle maladie, mais qui va pouvoir se payer cela ? Tout le monde ou les plus favorisés seulement ? Et quid de l’épigénétique, de notre environnement qui fait que l’on possède certains gènes dormants qui vont se réveiller… ou pas. Nous devons être vigilants face à la folie potentielle de la santé numérique : notre colonne vertébrale doit rester l’éthique.

Dans votre ouvrage vous diagnostiquez une pathologie de notre industrie : l’« innovatite », pouvez-vous nous expliquer les symptômes et comment la soigner ?

N. F. : L’innovatite, c’est l’offre sans la demande : c’est l’inflammation de l’innovation ! Elle est très présente en dentisterie : à titre d’illustration, nous en sommes à la 9e génération de bonding, qui n’est pas forcément plus efficace que les précédentes versions. En tant que praticien, quand un nouveau produit est lancé sur le marché l’on imagine que si le produit a changé, c’est qu’il doit être meilleur et on l’achète. Dans le domaine des fauteuils nous connaissons également des écueils de ce goût-là. Avec leur informatisation et leur mécanisation parfois excessives, nous ne sommes plus en mesure de réparer (ou de faire réparer) facilement une panne… Ce qui va nous inciter à remplacer des produits plus souvent que de raison.

Votre démarche n’est-elle pas celle du refus du progrès ?

N. F. : Cela dépend comment l’on définit le progrès ! Le progrès n’est entendu aujourd’hui que comme technologique et numérique, mais cela soulève des questions : si cela va à l’encontre de la sauvegarde de notre environnement, peut-on véritablement appeler cela un progrès ? Nous ne sommes bien évidemment pas contre la technologie mais nous pensons qu’elle doit répondre à une demande de l’usager, non pas à une demande de croissance du marché. Le progrès cela pourrait être une génération de matériaux dentaires exempts de perturbateurs endocriniens par exemple !

Quelles sont vos réserves par rapport à la numérisation de notre société ?

N. F. : Il est intéressant d’observer que les financiers du 20e siècle étaient les pétroliers : toute notre société s’est structurée sur le pétrole et la pétrochimie. Les financiers du 21e siècle quant à eux sont tendus vers le numérique. Nos choix se restreignent : regardez pour les déclarations de revenus, l’administration fiscale nous invite à déclarer en ligne, sans possibilité de le faire par papier désormais. Petit à petit nous sommes amenés à ne plus passer que par Internet pour nos démarches. Cela amène à nous poser des questions environnementales… Nous ne voulons pas revenir à la chandelle, mais nous poser des questions sur les modèles proposés et leurs conséquences. Rassurez-vous j’ai un téléphone portable, un ordinateur et un accès à Internet mais je veux aussi pouvoir réfléchir. C’est le même souci avec la loi de santé et les complémentaires, quelles sont nos options, quelles sont les conséquences ? N’ayons pas peur de nous emparer de ces questionnements !

Dans votre ouvrage, l’espoir est présent : vous avancez que les dentistes ont le pouvoir d’entraîner avec eux toute la filière dentaire ainsi que les patients sur la voie de l’éco-responsabilité. Cela doit prendre quelle forme : celle d’une prise de conscience individuelle ou la loi ?

N. F. : La parité est là pour nous le prouver, il faut parfois légiférer pour arriver à nos fins. Nous croyons et nous appelons de nos voeux une prise de conscience collective qui pourrait être induite par l’Ordre, les syndicats, le prochain colloque intitulé « Une dentisterie sans perturbateurs endocriniens ». Je ne suis pas sûre cependant que ce soit suffisant. Je le rappelle, nous sommes des soignants ! Utiliser des produits dont ne nous connaissons pas la composition n’est plus tenable, nous devons changer notre façon de soigner, c’est nécessaire. Nous souhaitons lutter contre l’éco-inconscience de la pseudo-obsolescence, ou de la mort programmée de nos produits qui ne correspondent pas à nos besoins mais à ceux du marché. Certains fauteuils avec écran intégré poussent parfois à changer tout lorsque l’écran est en panne, au lieu de ne changer que l’écran. Il ne s’agit pas là de moraliser mais de prendre conscience en partenariat étroit avec les industriels. Qu’est-ce qui est recyclable quand on se débarrasse d’un fauteuil ? Nous invitons à ouvrir le débat, sans jugement… Nous avons besoin des industriels et de la recherche.

Dans votre ouvrage, vous refusez pour les cabinets dentaires l’acception « entreprise », alors que nous pensons que cela sous-entend efficacité et réalisme…

N. F. : Je ne suis pas étonnée que vous souleviez cela ! Ce que nous voulions pointer par cette requête, c’est que ces 30 dernières années nous avons vu se produire un glissement de notre vocabulaire de cabinet dentaire vers celui de l’économie. Nous voulions rappeler que la raison d’être de notre métier c’est soigner, et non pas être chef d’entreprise. Or, quand on s’adresse à nous comme à des chefs d’entreprise, il y a un dérapage qui se produit. Nous ne voulons pas que soigner devienne une conséquence et qu’être chef d’entreprise soit notre objectif premier. Le risque est de sortir de l’éthique pour aller vers le commerce. Si l’on recherche la rentabilité en première intention, c’est notre abord au patient qui va être atteint. Regardez les centres low-cost ! Nous voulons rester dans la qualité et la confiance dans notre relation aux patients, cela ne correspond pas à ce que proposent les « producteurs de soin ». C’est en cela que le terme de « chef d’entreprise » ne peut être qu’une conséquence.

Quelles sont les suites que vous voulez donner à l’ouvrage ?

N. F. : Nous sommes déjà à pied d’oeuvre pour le deuxième tome qui paraîtra à l’ADF prochain. Nous travaillons sur les déchets au cabinet dentaire. Ce sujet n’a l’air de rien, mais il est central. Combien d’entre nous savent qu’il est obligatoire de passer par un circuit de recyclage pour nos fauteuils dentaires et nos appareils électriques ? La filière dentaire s’est organisée avec Recylum. Mais très peu de nos matériels y sont traités… En général, ils sont envoyés dans des pays-poubelles… Notre mode de vie planétaire appelle des réflexions globales. De même que le meilleur soin est celui qui n’est pas prodigué, le meilleur des déchets est celui qui n’est pas produit ! Ce deuxième tome sera un ouvrage pratique qui donnera des idées dans une vision de santé éco-responsable dont nous avons posé les bases dans notre premier ouvrage.

Votre ouvrage est sorti en novembre pour l’ADF, comment a-t-il été reçu ?

N. F. : L’accueil est très positif, et parfois étonnant : certains confrères ont trouvé cela formidable, d’autres ont été très déstabilisés et nous avons eu des échanges étonnants, un lecteur nous a demandé pourquoi nous nous posions toutes ces questions ! Nous avons voulu ouvrir grand les portes et les fenêtres pour prendre le temps de penser notre pratique dans son environnement global. Avec les problèmes écologiques, la question de la santé est devenue centrale : elle interroge toutes nos activités humaines industrielles, et l’organisation même de nos sociétés. La dentisterie, carrefour de matériel et matériaux, de question de prise en charge et de réseaux de soins, est un véritable laboratoire pour explorer de nouvelles pistes. C’est pour cela que nous lançons un tour de France des cafés citoyens sur le thème de « La santé est-elle un commerce ? ». Nous allons à la rencontre de nos lecteurs dans un tour de France de cafés citoyens ouverts à tous dont vous trouverez les dates sur notre site internet(3). Notre réflexion ne doit pas s’arrêter à nos crachoirs. La pensée a été peu à peu remplacée par le calcul, mais tout peut encore changer !