Reste à charge zéro : un accord « perdant-perdant » pour les CCDeLi

Reste
©Oneblink-cj

Les Cellules de coordination des dentistes libéraux (CCDeLi) estiment que la prévention et l’innovation sont exclues de l’accord sur les paniers de soins.

Les CCDeLi (Cellules de coordination des dentistes libéraux) font le bilan de la nouvelle convention dentaire signée par la CNSD et l’Union dentaire, comprenant l’accord sur le zéro reste à charge. Dans un communiqué publié le 19 juin, le mouvement asyndical, créé au lendemain des grèves étudiantes et sous la menace du règlement arbitral de l’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine, fustige l’accord sur les paniers de soins. Un texte qu’il estime « perdant sur la prévention, l'innovation et la pertinence. Perdant sur la qualité, les dépenses publiques et les cotisations aux complémentaires ».

Pour le mouvement apolitique, c’est un « objectif comptable » qui a été rempli « sans la moindre donnée épidémiologique sur les réels besoins de la population ». Il craint une « hausse probable du reste à charge et du renoncement ». Il redoute également une hausse future des cotisations et avance « le probable et progressif déremboursement des paniers « modéré » et « libre ». Pour les CCDeLi, le reste à charge zéro regroupe « des actes non pertinents ou en retard face aux données actuelles de la science ».

Le collectif asyndical dénonce la signature de la convention par la CNSD et l’Union dentaire, la FSDL étant le seul des trois syndicats représentatifs à ne pas avoir signé le texte qui fixe les nouvelles orientations de la profession. Les CCDeLi soulignent cependant que « les syndicats, en sortant d'un panier RAC 0 aux honoraires absurdes les actes de la dentisterie d'aujourd'hui, ont, d'une certaine manière, sauvé un exercice où la qualité des soins est encore envisageable ».

Dans son communiqué, le collectif blâme les positions de Nicolas Revel, directeur de l’UNCAM : « Il y a certainement une forme de sincérité quand il croit qu'un examen de dépistage optionnel tous les 3 ans vaut une politique de santé publique centrée sur la prévention, quand il croit qu'inscrire des inlays composites est le summum de l'innovation ».

Portées par des praticiens bénévoles, les structures départementales des CCDeLi s'étaient données pour mission d'informer les chirurgiens-dentistes, de faire annuler le règlement arbitral et de permettre l'ouverture de négociations. La nouvelle convention actée, le mouvement va « se mettre en veille », se laissant l’opportunité de faire encore entendre sa voix, notamment par le biais de l’initiative individuelle de ses antennes départementales.

Agnes Taupin