3 conseils pour réussir sa rentrée

 
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L’heure de la reprise a sonné. Voici quelques astuces pour faire le deuil des vacances, eviter le blues du retour au cabinet et commencer l’annee du bon pied.

PRENEZ LES DEVANTS  

La fausse bonne idée du retour tardif

Vous prévoyez de ne revenir au cabinet qu’au dernier moment, histoire de profiter au maximum? Oubliez, avise le Dr Marc-Gérald Choukroun, orthodontiste à Montrouge et titulaire d’une maîtrise de psychologie. C’est contre-productif, explique-t-il : «Un praticien qui revient au cabinet seulement le lendemain de son retour de vacances a un pied encore en congés, la tête qui surnage. Or non seulement il va devoir assurer les rendez-vous fixés avant de partir, mais aussi les urgences. Résultat : il stresse et perd, en seulement 24h, tout le bénéfice des vacances.» Il peut aussi, à l’inverse, être confronté à un planning vide. Dans les deux cas, la conséquence est la même : du stress, du stress et encore du stress. Pour le praticien, mais aussi pour les patients. Car si, comme le fait valoir le Dr Choukroun, «une équipe zen apaise ses patients » l’inverse est aussi vrai. Faites attention enfin à ne pas tabler sur un même flux de patients à chaque rentrée, prévient Nathalie Cruzel-Thévenet, assistante dentaire à Mérignac et formatrice CNQAOS, car «en cabinet dentaire, c’est très difficile de prévoir d’une année sur l’autre, c’est très fluctuant ».

Le maître mot : l’anticipation

Pour ne pas subir les pics et les creux d’activité, pensez à revenir un peu en avance au cabinet. De cette manière, quelle que soit la situation à la rentrée, vous disposerez d’une marge de manœuvre. Vous aurez un peu de temps devant vous pour vous retourner. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez vous adapter au flux imprévisible des patients. Idéalement, revenez au cabinet «la dernière semaine d’août, la semaine avant la rentrée scolaire», estime Nathalie Cruzel-Thévenet. Les avantages ? 1) Moins de stress pour vous et donc pour les patients. 2) Vous échapperez aux départs classés rouge puisque «vous reviendrez de vacances dans un créneau qui n’est pas celui de la majorité des vacanciers», souligne le Dr Choukroun. 3) Vous serez en mesure d'accueillir des patients, car, «de plus en plus, ils reviennent fin août, constate le praticien. Si on ne recommence qu’en septembre, on se prive d’une patientèle potentielle ». Surtout, ayez bien en tête qu’en anticipant votre retour au cabinet, vous pourrez tranquillement mettre ce dernier en route.

REPRENEZ LES RENES DU CABINET

Contrôlez votre agenda

Attention aux urgences. Si elles n’ont pas - idéalement - été gérées par un remplaçant, il faut que vous vous en occupiez en priorité. Pour cela : 1) Revenez plus tôt au cabinet, pour tranquillement classer messages et appels. «Quand on est disponible, on fait la part des choses entre urgent/non urgent, assure Fatima Markousi, assistante du Dr Choukroun. Si on ne l’est pas, le risque est de tout prendre en urgence ou de ne pas prendre au sérieux certaines personnalités». N’hésitez pas à consulter votre assistante, d’excellent conseil : «Pendant la formation, on apprend un questionnement type pour savoir si c’est une urgence dans la journée, les 48h, la semaine, ou si ce n’est pas une urgence », détaille Nathalie Cruzel-Thévenet. 2) Réservez des créneaux. Pour le Dr Choukroun, «il faut essayer, les deux premiers jours, de ne prendre que les urgences. Les patients sont contents d’être pris en charge et les autres rendez-vous ne sont pas parasités. Puis, après ces deux jours de confort, place aux premiers traitements importants - plus rentables -, prévus dès juillet ». Attention d’ailleurs à rappeler les rendez-vous aux premiers patients. Pour Nathalie Cruzel-Thévenet : «Il ne faut pas charger la semaine de rentrée avec des rendez-vous de contrôle, des détartrages… Il faut réserver des rendez-vous par exemple pour des personnes présentes uniquement cette semaine-là, et surtout libérer des créneaux pour les urgences». Au final, l’objectif est de, progressivement, mais vite, retrouver son rythme. «D’ici la fin de la première semaine de septembre, si on est rentré(e) fin août », conseille le Dr Choukroun. «Très vite, ça se met en place, assure Nathalie Cruzel-Thévenet. Comme les infirmières et aides-soignantes dans les hôpitaux, on est tout de suite dans l'action ».

Vérifiez que tout est en ordre de marche

Vous avez repris la main sur votre agenda, priorisé les urgences, planifié les traitements plus «rentables», très bien. Mais pour pouvoir assurer vos rendez-vous, encore faut-il que votre cabinet soit pleinement opérationnel. Quid de vos outils au quotidien ? Reprendre les rênes de votre cabinet, c’est aussi vérifier que tout est propre, rangé, en excellent état de fonctionnement. «Normalement, il ne faudrait même pas laisser cela à son retour, fait savoir le Dr Choukroun. D’autant qu’un cabinet en désordre mine le moral, tandis qu’un cabinet bien rangé, bien propre, donne envie de recommencer». Alors même si vous vous en êtes chargé(e) avant de partir, n’hésitez pas à remettre une couche. Cela vous permettra d’être plus serein(e) et de vous sentir bien sur votre lieu de travail. Profitez d’avoir un peu de temps pour vérifier le bon fonctionnement des ordinateurs, préparer les dossiers des patients, jeter un oeil au prévisionnel, faire le point sur les éventuelles dépenses de la rentrée… En résumé, rien ne doit entraver la bonne marche du cabinet.

REMOBILISEZ LES TROUPES

Organisez des retrouvailles

«Parfois, on peut s’ennuyer pendant les vacances et avoir hâte de retrouver son rythme soutenu du cabinet dentaire », fait valoir Nathalie Cruzel-Thévenet. Parfois, à l’inverse, on serait bien tenté de prolonger cette période de farniente… Pas de quoi pour autant culpabiliser si vous êtes atteint(e) du blues des vacances, c’est humain. Des «praticiens pensent qu’il n’y a pas d’interruption entre fin juillet et fin août, que l’équipe remet le pied à l’étrier sans états d’âme», déplore le Dr Choukroun. Il y a souvent un temps de réadaptation, qu’il faut apprendre à gérer. Car le piège, si on ne fait rien, c’est que l’esprit vacances perdure un peu trop longtemps alors que la rentrée est un moment important. Pour vous remotiver et remotiver vos troupes, n’hésitez pas à organiser un moment de retrouvailles. Profitez-en pour vous raconter vos vacances, c’est un excellent moyen de renforcer la cohésion de l’équipe, de créer du lien. «Évidemment, si on s’entend bien avec ses collègues et son praticien, c’est beaucoup plus facile de reprendre», estime Nathalie Cruzel-Thévenet. D’où l’intérêt de travailler, toute l’année, à rassembler les effectifs.

Tournez-vous vers l’avenir

Que vous exerciez en solo ou non, faire des projets permet de retrouver la motivation. Si vous managez une équipe, n’hésitez pas à organiser une réunion de calage dans la lignée des retrouvailles. C’est un bon moyen de ressouder l’équipe autour des valeurs et des engagements du cabinet. C’est aussi une opportunité de dresser un bilan de l’année écoulée. Valorisez ce qui a été bien fait, adoptez «un langage positif», conseille le Dr Choukroun. Ce bilan effectué, vous pourrez aborder, ensemble, les perspectives. Si vous êtes tenté(e) par les bonnes résolutions, faites attention à ce qu’elles ne soient pas irréalistes, au risque de générer plus de stress qu’autre chose. Pour le Dr Choukroun, «le luxe (pour booster la motivation), c’est de changer quelque chose : refaire la peinture, acheter une nouvelle machine…» Nathalie Cruzel-Thévenet abonde : «Un nouveau planning, des nouveaux horaires qui correspondent mieux à l’équipe, un nouveau collaborateur… C’est motivant». «Ce n’est pas la peine de le faire immédiatement, ça peut juste être un projet…», garantit le Dr Choukroun. C’est suffisant pour repartir motivé à l’assaut de la rentrée.

Pauline Machard