Convention : qu’en pensent les syndicats ?

 

Pour les Chirurgiens-dentistes de France, la nouvelle convention induit « plus de prévention et de soins accessibles ». La FSDL y voit quant à elle une « usine à gaz ».
La nouvelle Convention nationale a été signée le 21 juin 2018 entre Les Chirurgiens-dentistes de France (CDF), l’Union dentaire, l’Uncam et l’Unocam. Une grande partie de ses dispositions s’applique depuis le 1er avril, rappellent Les CDF. Parmi celles-ci, « plus de prévention pour les enfants et les jeunes », souligne dans un communiqué le syndicat. L’examen bucco-dentaire (EBD) auparavant dédié aux 6-18 ans devient un dispositif accessible dès 3 ans et jusqu’à 24 ans. D’autre part, de nouveaux types de soins sont remboursés, c’est le cas de la prise en charge de l’application de vernis.

Les CDF saluent un « meilleur accès aux soins pour tous » grâce aux plafonds instaurés sur les couronnes céramo-métalliques et métal. Ils soulignent également « une meilleure prise en charge des populations fragiles », au travers de deux mesures. La nouvelle convention intègre une revalorisation de la séance de soins à hauteur de 100 euros pour les patients en situation de handicap et des dispositions pour les patients diabétiques au travers de la prise en charge d’un bilan parodontal.

Examen pour les enfants de 3 ans

La FSDL est particulièrement sévère sur cette nouvelle convention qu’elle juge par la voix de son président Patrick Solera « imaginée par des technocrates » et qualifie d’« usine à gaz ». Le président de la FSDL fustige d’autre part dans un éditorial la création de différents paniers de soins « aussi stupides et irréalistes que le mode de calcul de leur plafonnement tarifaire ». Il estime qu’en matière de prévention, le compte n’y est pas « quand on nous ajoute en tout et pour tout un EBD pour les enfants de 3 ans et une fluoration à 25 euros pour les enfants de 6 à 9 ans sous conditions de prise en charge ».

Pour la FSDL, la mise en place du Reste à charge zéro par les mutuelles « tronquera la relation de confiance nécessaire au contrat de soins par la décision finale du patient soumis à l’illusion du tout gratuit ». Le temps administratif va augmenter selon Patrick Solera : « La méconnaissance des patients pour les impératifs prothétiques et l’utilisation des différents matériaux ainsi que l’obligation de présenter plusieurs devis (dont un RAC 0) rendra l’information globale due à chaque patient chronophage et indigeste ».

Pour former les praticiens à cette nouvelle convention, Les CDF proposent une formation en ligne gratuite (1) détaillant les revalorisations, les nouveaux actes, les rééquilibrages, le Reste à charge zéro et les paniers. La FSDL a quant à elle mis en place un site internet dédié à la convention (2) où les chirurgiens-dentistes pourront trouver des éclaircissements sur les textes réglementaires, les matériaux et les « outils permettant de bien coder ».
 
(1)   3w : formation-lescdf.fr/cours/e-learning-convention-2018/
(2)   Site de la convention : http://convention2019.fsdl.fr/


 
Agnès Taupin