400 000 professionnels de santé libéraux s’engagent

ma santé 2022

« Les attentes de la société et des patients vis-à-vis des professionnels et des établissements de santé ont évolué. Désormais, la qualité des soins ne se présume plus. Pour cela la qualité en médecine doit être définie, évaluée, prouvée et au-delà constamment améliorée. » Cette déclaration fondatrice (2003) de Jean-François Mattéi, ancien ministre de la santé, prend aujourd’hui tout son sens.

Les soins de ville ne peuvent apparaître comme le « maillon faible » des parcours, alors qu’une demande sociétale de plus d’efficience et de transparence devient très prégnante.
Le plan gouvernemental « Ma santé 2022 » surenchérit sur l’urgence d’une prise en compte immédiate de ces critères d’exigence et, au-delà de l’élément de langage, la « pertinence » prend corps en devenant un élément central des réflexions.
Une « démarche qualité » proactive, valorisante, volontaire et affichable semble donc être la réponse idoine à ce besoin. La présentation d’une charte d’engagement de l’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) (1) vient s’inscrire dans ce sens. L’Union ambitionne ainsi de réaffirmer la dimension libérale et humaine des exercices de ville (proximité et maillage territorial). L’interprofessionnalité est également mise en exergue au travers d’actions concrètes (participation aux réseaux et communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)).

Les 400 000 soignants libéraux de l’UNPS et leurs équipes sont bien plus que des « producteurs de soins ». Avant qu’on ne leur dicte unilatéralement les règles du jeu, ils revendiquent être encore en capacité d’écrire leurs propres référentiels (d’environnement de soins) selon une méthodologie transversale mais pouvant prendre en compte les spécificités de chaque exercice. L’UNPS encourage alors chacune des professions à suivre cette démarche et à en faire état par l’affichage de sa charte.

Le lien direct entre qualité-sécurité des soins et qualité de vie au travail des soignants a été clairement établi. Une autre piste de l’UNPS consiste donc à réaffirmer ce principe et à inspirer ou appuyer toutes mesures en faveur du bien-être des praticiens.
La préservation, voir le développement du « Temps d’écoute du patient » participent également à l’amélioration de la qualité-sécurité des soins. Inversement, le « Savoir dire non » (en cas de surcharge de travail par exemple) semble être un autre levier à activer pour sanctuariser cette même qualité-sécurité.

Tous ces efforts tendent finalement vers le Patient, lequel demeure au centre des préoccupations. France Assos Santé (2), regroupant 80 associations d’usagers, est venue contribuer activement à la conception et à la promotion de la Charte. La « Charte d’engagement UNPS » devient alors une véritable innovation dans un paysage de santé qui en a vu fleurir plus d’une… Celle-ci devrait encore plus sceller une confiance sur des bases documentées et facilement vérifiables. Elle devrait également conforter les professionnels, dont les chirurgiens-dentistes, dans la dignité et le respect de leur mission de Santé publique en les aidant à se préserver des clivages qui les menacent (publicité, low-cost, modes de financement…)



(1) L’Union nationale des professionnels de santé (UNPS), dont les syndicats dentaires représentatifs sont membres, représente douze professions de santé. Créée en 2005, elle est l’interlocuteur privilégié du Gouvernement et de l’Assurance maladie pour tous les sujets relevant de l’interprofessionnalité (organisation des soins ville-hôpital, démographie, permanence des soins, formation...). www.unps-sante.org


(2) France Assos Santé est le nom choisi par l’Union Nationale des associations agréées d’usagers du système de santé. Ses missions sont de soutenir et informer les usagers mais aussi défendre et promouvoir leurs droits. www.france-assos-sante.org
 

Serge Deschaux