Président scientifique du congrès ADF 2019

entretien

Dr Marwan Daas

«La formation et l'information nécessaires pour continuer à bien soigner»


En tant que président scientifique du congrès ADF 2019, vous avez souhaité apporter votre touche ?
M.D. : Il faut savoir que la première réunion concernant le programme date de juillet 2018. C’est à ce moment-là que j’ai constitué avec mon comité scientifique les thématiques et les grandes lignes du programme. Ça a été un superbe challenge et une belle et intense expérience ! Je viens à l’ADF depuis les années 1990, d’abord en tant que participant et très vite comme conférencier. J’ai ensuite été responsable de séance, de travaux pratiques puis de démonstrations en direct. J’ai ainsi une bonne vue d’ensemble du congrès. Une autre particularité est que je suis à la fois enseignant et praticien libéral : j’ai donc voulu un programme dynamique et pratico-pratique pour répondre à toutes les problématiques des praticiens. Les séances cette année seront courtes et interactives. Tout le programme est construit sur des questions cliniques pratiques en associant la biologie et la « vraie vie ».
L’autre touche que j’ai apportée, c’est d’incorporer au programme sept séances consacrées à l’orthodontie. Pour de nombreux chirurgiens-dentistes, notamment en province, l’orthodontie est désormais une discipline qui fait partie de l’arsenal thérapeutique quotidien. Si nous voulions un congrès ADF transversal, il fallait forcement l’intégrer. Vous trouverez aussi d’autres nouveautés dans ce programme scientifique, comme la présence de prothésistes en tant que responsables de séances (conférences et travaux pratiques), mais aussi l’intégration des assistantes dentaires dans des séances qui ne leur sont pas uniquement dédiées. C’est l’équipe dentaire au complet que nous convions à des TP comme « Mon premier implant », « L’organisation du plateau technique »…

Le programme international est également dense !
Il y a deux raisons à cela : je me déplace beaucoup dans les congrès à l’étranger et je constate que la dentisterie française a vraiment un excellent niveau, mais trop peu de personnes le savent ! En invitant des dentistes étrangers à ce congrès - qui est tout de même le plus grand d’Europe -, et leur proposant des séances traduites dans leur langue, on pourra plus facilement transmettre nos connaissances. Et, bien sûr, nous avons aussi à apprendre des autres : les praticiens français se déplacent peu pour des colloques à l’étranger. L’ADF a toujours accueilli un ou deux conférenciers étrangers de renom mais, en 2019, ils seront en effet plus nombreux pour présenter leurs travaux et nous transmettre leurs protocoles.

Au programme, huit séances de DPC. C’est particulièrement important cette année puisque l’échéance de décembre 2019 est la première pour l’obligation triennale de formation des professionnels de santé.
En effet, il faut se former pour le bien des patients ! L’organisme DPC donne des orientations avec des items dans lesquelles nous avons pioché pour concevoir nos thématiques, parmi lesquelles les clés du diagnostic des lésions osseuses, la pédodontie, le numérique, la prise en charge de la douleur… Cela concerne l’exercice quotidien des praticiens.

Comment collaborez-vous avec le président du congrès ? Avez-vous pris conseil auprès de lui, qui a été président scientifique en 2012 ?
Oui, le Pr Serge Armand a été le rapporteur de ma thèse d’université, nous nous connaissons bien et avons comme point commun d’être à la fois enseignant et praticien. Je suis de nature à écouter et à prendre des leçons des personnes expérimentées – si j’ai construit ce programme selon mon idée, j’ai demandé au Pr Armand de participer à nos réunions de réflexion. Le titre du congrès a donné le ton.

E.V