Coronavirus : les dentistes en première ligne

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Face au Covid-19, les chirurgiens-dentistes sont en première ligne du fait de la proximité exigée par les soins aux patients. Aussi, devant la crise sanitaire, le président du conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes (ONCD), Serge Fournier, a-t-il enjoint aux praticiens de cesser toute activité de soins non urgents. « Je demande aux chirurgiens-dentistes de rester dans leur cabinet, afin de réguler dans l’immédiat le flux des urgences ».

Les chirurgiens-dentistes que nous avons interrogés ont reporté leurs rendez-vous et n’assurent plus que les urgences, conformément au mot d’ordre de l’ONCD. Le chômage partiel des employés a déjà été mis en place par les praticiens, à l’image de Catherine, qui exerce à Paris : « Mes six assistantes secrétaires ont été mises en chômage technique ». Ses associés partis se mettre « au vert », elle a fermé son cabinet et transféré la ligne de téléphone à son domicile pour assurer les urgences. La praticienne a aussi d’ores et déjà pris des mesures économiques et demandé à son expert-comptable de réaliser les demandes de report de prélèvement de l’URSSAF et des impôts. Elle a constaté avec satisfaction que la « CARCD a décidé spontanément de ne pas effectuer de prélèvement au mois d’avril ».
Enfin, elle a créé un groupe WhatsApp avec les membres de son équipe pour pouvoir communiquer rapidement. Et elle profite de son temps libre pour faire toutes les activités qu’elle reportait habituellement : rangement, yoga et lecture de magazines.

Pas de masques FFP2

Pour Laurent, praticien dans le Gard, l’heure est à l’organisation avec son associé « d’une alternance avec une permanence hebdomadaire de quatre demi-journées ». Il dispose de masques chirurgicaux en quantité suffisante a priori, compte tenu du nombre peu important de rendez-vous qu’il prévoit. Par contre, « nous n'avons pas de masques FFP2 qui sont recommandés pour les soins dentaires. C'est un problème », se désole-t-il.

Deux de ses employées sont au chômage partiel et la troisième est en arrêt pour garde d'enfant. Pour le moment, le chirurgien-dentiste n'envisage pas la fermeture complète de son cabinet, afin de gérer les urgences. « Notre décision pourrait rapidement évoluer en raison de l'absence de masques FFP2 », prévient-il néanmoins.

Face à la guerre que mène le pays contre le coronavirus, le président de l’Ordre en appelle à la solidarité, au travers de la réserve sanitaire : « Je demande à tous les chirurgiens-dentistes en bonne santé, en dehors de leur période de garde, de venir prêter leur concours aux dispositifs mis en place pour lutter contre le virus ».
 

Agnès Taupin