La retraite des chirurgiens-dentistes libéraux

Courrier des lecteurs

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À la suite du courrier des lecteurs de notre consœur du Puy-de-Dôme paru dans le n°217 de Dentoscope, au sujet de notre régime de retraite, je fais également un constat alarmant.

Dans la quasi-exclusivité des situations, la retraite totale à taux plein des salariés avoisine en moyenne 70 % des revenus nets mensuels d’activité (des six derniers mois pour les salariés du public, des 25 meilleures années pour ceux du privé), c’est-à-dire le taux de remplacement. Ce n’est pas du tout notre cas : le BNC d’un chirurgien-dentiste libéral rapporté sur toute sa carrière est pris en compte pour le calcul de sa retraite (le système par points appliqué depuis très longtemps pour notre profession s’assimile au régime universel que le gouvernement veut obtenir pour tous). Cette dernière représente environ 35 % de ce BNC, soit une proportion de moitié par rapport au reste de la population (sauf quelques exceptions, seuls les professions libérales et les indépendants ne bénéficient pas du taux de remplacement d’au moins 70 %).

On nous répondra sans doute, non pas que ce sont les valeurs des points des différents « sous-régimes » de retraite qui sont insuffisantes, mais que nous cotisons chaque année pour notre retraite à 14 % de notre BNC auprès de la CARCDSF, alors que ce taux est de 28 % pour les salariés. Rappelons ici que ces 28 % se répartissent, pour les salaires inférieurs à un plafond de la Sécurité sociale (soit pour leur très grande majorité), à peu près en 16,5 % de charges patronales liées aux cotisations retraite des salariés et 11,5 % de charges salariales et ne correspondent donc pas aux charges salariales totales sur les cotisations retraite. On nous rétorquera alors que nous sommes nos propres patrons et qu’il faudrait que nous cotisions aussi à 28 %. Sauf que les salariés eux-mêmes ne cotisent donc pas à 28 % pour leur retraite mais à 11,5 % !

Les cotisations URSSAF sont à peu près équivalentes à celles versées à la CNAVPL (allocation vieillesse régime de base) et la CARCDSF (régimes de retraite complémentaires), donc notre taux de prélèvement de charges sociales dites personnelles obligatoires professionnelles est en définitif proche des 28 % évoqués. Sauf que, tout comme ma consœur du Puy-de-Dôme, je n’en tire aucun bénéfice, et ce que l’on paie à l’URSSAF est à fond perdu car n’est pas pris en compte dans le calcul de nos retraites !

Un chirurgien-dentiste d’Ile-de-France.