Urgences : la régulation par le chirurgien-dentiste est « capitale »

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Pour le président de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, Serge Fournier, la première régulation réalisée par chaque praticien auprès de sa patientèle permet au dispositif des urgences dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 de ne pas s’effondrer.

Dentoscope : Comment se déroule l’organisation des urgences dentaires sur le territoire ?

Dr Serge Fournier : Le conseil national de l’Ordre organise les urgences dentaires avec le concours des présidents départementaux. C’est un dispositif à plusieurs étages. Le premier étage repose sur le chirurgien-dentiste qui, dans son propre cabinet, même s’il n’y est pas physiquement, doit réguler les urgences de ses patients car il connaît bien leur état de santé bucco-dentaire. Cette première régulation est capitale, sinon tout le dispositif risque de s’effondrer. Le chirurgien-dentiste rédige des ordonnances, rassure le patient et si des soins doivent être effectués, il contacte la plateforme de régulation de son département. Il fait le point de la situation auprès du régulateur et transmet les données médicales du patient. Le troisième étage consiste à fixer, avec le régulateur, un rendez-vous au cabinet de garde. Ce dispositif fonctionne avec les particularités de chaque département, selon la densité de population.

Combien d’appels reçoit le numéro national dédié aux urgences bucco-dentaires ?

En parallèle le numéro national 09 705 00 205 s’adresse à tous les patients n’ayant pas de chirurgien-dentiste traitant. Ce numéro a reçu 70 000 appels à ce jour depuis sa mise en place. Notre serveur est doté d’une capacité importante puisqu’il peut recevoir 180 appels par minute. Aujourd’hui il reçoit environ 7000 appels quotidiens. 40 % des appels de patients s’effectuent par ce numéro et 60 % des appels arrivent directement à la régulation. C’est souvent le numéro du conseil de l’Ordre, mais parfois il y a un numéro dédié aux urgences. Dans une grande ville comme Toulouse, la plateforme de régulation reçoit 240 appels par jour et 30 à 40 % sont transmis aux cabinets de garde. Le système réalise donc une véritable régulation.

 

Propos recueillis par Agnès Taupin