Les dentistes « ne font pas l’aumône »

Lettre ouverte

Sophie Dartevelle

Dans une lettre ouverte, la présidente de l’UFSBD regrette que les chirurgiens-dentistes « semblent occuper une place lointainement reculée dans la hiérarchie des priorités gouvernementales ».

Les chirurgiens-dentistes « ne font pas l’aumône (…), ils aspirent simplement, légitimement, à retrouver la place qui leur revient au cœur du parcours de santé. Dans l’intérêt de tous, qu’on leur en donne les moyens ». Cette revendication est celle de la présidente de l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD), formulée dans une lettre ouverte. Sophie Dartevelle concède que le confinement est « une réponse incontournable » à l’épidémie de Covid-19, mais au risque de faire oublier selon elle l’une des composantes du parcours de soin. « Il y a peu et à juste titre, le Premier ministre insistait encore sur l’importance d’une bonne « interconnexion des professionnels de santé ». Diagnostic pertinent mais qui pâtit aujourd’hui d’une « perte en ligne » spectaculaire : comme si les chirurgiens-dentistes et leur apport étaient sortis de l’horizon des pouvoirs publics », commente-t-elle.

La présidente de l’UFSBD en appelle à un rétablissement « au plus vite » de l’activité des chirurgiens-dentistes, dans des conditions de sécurité adaptées à la situation actuelle. « Aujourd’hui, ce sont des parcours de soins qui sont au point mort, des cas individuels non traités alors qu’ils devraient l’être et des infections qui risquent de s’aggraver ».

Les ARS, l’Ordre national et le ministère de la Santé : Sophie Dartevelle liste les partenaires d’une « stratégie globale maîtrisée » pour le déconfinement. Sans oublier l’élément indispensable : la mobilisation des moyens. « Que ces derniers soient d’abord distribués aux personnels soignants dans les hôpitaux et en médecine de ville est une évidence. (…) Mais que les chirurgiens-dentistes semblent occuper une place lointainement reculée dans la hiérarchie des priorités gouvernementales n’est pas acceptable », s’insurge-t-elle.
 

A.T.