« La technologie permet de traiter des cas orthodontiques différemment du passé »

interview

Pierre Vélu, Directeur général France
Align Technology

Lors du congrès annuel d’Invisalign France, les 12 et 13 septembre à Mandelieu-la-Napoule, Orthophile a rencontré son directeur général. Au menu de la discussion : le positionnement de l’entreprise face aux orthodontistes, le marché des adolescents et les progrès technologiques.


Pourquoi organiser un congrès annuel ?
P.V. : Notre technique évolue si vite qu’il est important de montrer l’excellent travail que les spécialistes réalisent aujourd’hui. Ce genre d’événement permet parallèlement de réunir les praticiens afin qu’ils échangent leurs bonnes pratiques. Nous progressons ensemble.


Comment se positionne Invisalign face aux orthodontistes ?
P.V. : La révolution numérique et notamment l’ubérisation de certains services inspire des craintes. Beaucoup se demandent comment leur métier va évoluer. C’est une question légitime. Car oui, des changements majeurs sont en cours, mais pas forcément en mal, au contraire. Nous considérons que les docteurs doivent rester au centre des traitements orthodontiques en étant aidés par la technologie. Elle ne remplacera pas l’homme, elle est là pour les aider à prendre les bonnes décisions et offrir de meilleurs plans de traitement.
La technologie permet de traiter des cas orthodontiques différemment du passé et c’est ce que souhaitent les patients. Si l’entreprise Align avait voulu se passer des praticiens en utilisant la puissance de ses données issues de ses 7 millions de patients, elle aurait déjà pu le faire. C’est donc souligner que nous n’avons pas cette volonté, peut-être ne l’avons-nous pas dit assez clairement par le passé.


Est-ce la tentation de certains de vos concurrents ?
P.V. : Je ne peux pas me prononcer sur ce sujet. Si des entreprises décident de travailler avec des consommateurs, car je n’ai pas envie de les appeler des patients, c’est leur choix. On ne peut rien y faire.
Nous pouvons simplement clarifier que nous n’avons aucun lien avec elles et que ce n’est pas notre position.


Quelles anticipations faites-vous du marché des enfants et des adolescents ?
P.V.
: À l’origine, Invisalign était considéré comme un soin esthétique pour l’adulte. Pour traiter des cas plus complexes, nous avons fait évoluer la technique en investissant plus d’un milliard de dollars en recherche et développement. On peut donc traiter des cas chez les adultes et les adolescents qu’il était impossible de prendre en charge auparavant. Une personne sur trois qui porte des aligneurs Invisalign en
France est un enfant ou un adolescent. Depuis plusieurs années, ce secteur croît plus vite que celui de l’adulte. On estime que 80 % des patients dans les cabinets d’orthodontie aujourd’hui ont moins de 16 ans, on peut donc penser légitimement que, bientôt, la plupart de nos cas seront ces jeunes patients. D’autant que c’est avec ces profils que nous obtenons les meilleurs résultats : en trois mois on est capable
d’avoir des progressions exceptionnelles.
Avec eux aussi, le bouche-à-oreille est une force. Lorsque l’orthodontiste parvient à traiter un « leader » dans une classe, les copains suivent.
 

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