Urgences dentaires : tous mobilisés face au Covid-19

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Les mesures de confinement liées à la pandémie de Covid-19 ont entraîné la fermeture de vos cabinets. Dans ce contexte exceptionnel, l’ONCD a lancé le 18 mars un plan d’action inédit pour assurer à la population la permanence d’accès aux soins urgents. Retour sur l'élan de générosité de la profession.

On croyait le monde moderne à l’abri d’un tel fléau…Un virus qui se dissémine à grande vitesse dans les airs, passant les frontières au gré de porteurs sains et faisant exploser son taux de contamination dans des foyers du Val d’Oise, de Mulhouse ou d’Ajaccio. Un virus qui épargne certains mais qui essouffle et accable d’autres de fièvre, de fatigue, tel un rouleau compresseur, tuant un peu plus de personnes chaque jour, les plus vulnérables étant les personnes âgées. Tout est allé très vite, prenant de court les responsables politiques, les professionnels de santé, et créant un effet de sidération. Le SARS-COV-2, virus responsable du Covid-19 (en anglais coronavirus disease 2019), très virulent, se propage soit par projection de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez et la bouche, soit par contact manu-porté. Vous faites partie des professionnels de santé les plus exposés compte-tenu du mode de transmission, mais aussi en raison des caractéristiques propres aux soins dentaires. « Le chirurgien-dentiste travaille dans la bouche même du patient et, en plus, il utilise des turbines qui tournent à 300 000 tours par minute pour tailler, ouvrir des dents en pulvérisant de l’eau. Les microgoutelettes et les aérosols vont se propager dans un rayon de 1,5 mètre autour de la tête du patient, contaminant s’il y a lieu, le plan de travail, le praticien ou l’assistante. En l’absence de précautions spécifiques, on comprend bien qu’un cabinet dentaire peut être un lieu de contamination croisée entre les patients, les praticiens et les assistantes », explique Serge Deschaux, chirurgien-dentiste expert auprès du ministère de la Santé.

Un maillage territorial initié par le Conseil de l’Ordre

À la mi-mars, quand le gouvernement a annoncé la fermeture de tous les lieux publics et des établissements scolaires, vous souvenez-vous de ce temps suspendu ? Pour certains, vous avez pris les devants, dès le vendredi 13 mars, vous avez prévenu vos équipes et anticipé l’invitation « historique » à fermer vos cabinets dentaires qui surviendra la semaine suivante.

Le lundi 16 mars, Serge Fournier, président de l’ONCD utilisait les réseaux sociaux Facebook ou Instagram pour s’adresser à vous via une vidéo : « Chères consoeurs, chers confrères, vous avez toutes et tous pris conscience de la gravité de la situation dans notre pays face à l’épidémie du coronavirus », commençait-il sur un ton solennel. S’ensuivait une recommandation à suspendre votre activité de soins, en estimant toutefois inconcevable « d’abandonner les patients, en les privant des soins bucco-dentaires d’extrême urgence dont ils ont besoin ». Il annonçait un maillage territorial afin d’assurer une permanence des soins bucco-dentaires, en collaboration avec les conseils départementaux de l’ordre et en accord avec les ARS. Avec un leitmotiv : désengorger le 15. Et une organisation à trois niveaux : téléconsultation de tous les chirurgiens-dentistes, régulation au sein des CDO-CD et soins dans des cabinets de garde.

Des régulations dans les CDO pour désengorger le 15

Les chirurgiens-dentistes ont répondu massivement présent à l’appel de solidarité nationale. « Au début, nous étions en état de choc, il nous a fallu une semaine pour intégrer ce qui se passait et nous organiser, rappelle Jean-Claude Lucet, omnipraticien dans le Loir-et-Cher. Dans notre département, notre particularité était de répartir les patients en fonction des soins à effectuer, certains nécessitant des outils sans risque de projection, d'autres des turbines et des ultrasons. 75 dentistes sur les 110 du Loir-et-Cher se sont portés candidats pour la régulation ou les soins en cabinets de garde. Nous avons communiqué avec des groupes WhatsApp. » On retrouve la même effervescence un peu partout en France.
 

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