L’intérêt de la Nutrition Cellulaire Active en pathologies buccales

La micronutrition permet une approche complémentaire de la médecine traditionnelle et des traitements de la cavité buccale. Pour comprendre (et partager) cette nouvelle approche, le Dr Jayet a rencontré le Dr Claude Lagarde (docteur en pharmacie et biologiste), fondateur d’un laboratoire de nutrithérapie, Nutergia.

La susceptibilité individuelle aux pathologies du parodonte reflète non seulement une composante génétique mais surtout une forte influence des habitudes alimentaires et du mode de vie sur la santé buccale. Cependant, trop peu d’informations sont données aux patients sur le rôle de l’alimentation et d’autres facteurs environnementaux dans le développement de pathologies buccales. Sensibilisé aux conséquences de l’alimentation sur sa santé par différents médias, le patient est pourtant demandeur d’une approche naturelle et préventive. La « Nutrition Cellulaire Active » permet de soutenir les soins dentaires en renforçant la santé générale, la réparation tissulaire et la résistance naturelle de l’individu.

Entretenir une flore bactérienne et une muqueuse saines

Il est actuellement démontré que la flore microbienne joue un rôle déterminant dans l’apparition de bon nombre de pathologies du parodonte dont les gingivites. À l’état normal, on trouve dans la bouche, une plaque bactérienne comprenant des coques, des bacilles Gram +… Ces bactéries commensales ne déclenchent pas de réaction immunitaire de l’hôte et jouent, au contraire, un rôle protecteur en synthétisant des molécules d’intérêt (peroxydases, lysozyme, lactoferrine et thiocyanate…). Cette homéostasie est garantie par le flux salivaire qui apporte des IgA, anticorps naturels permettant une « exclusion immune » des bactéries potentiellement dangereuses. Les lactobacilles prélevés dans la bouche de personnes saines bloquent le développement de bactéries pathogènes, en particulier, celles responsables de gingivite ou de parodontite (Köll P, et al., 2008).

Lactobacillus paracasei et lactobacillus rhamnosus, isolés dans la flore buccale de sujets sains, s’opposent à d’importants pathogènes buccaux tels que Streptococcus mutans et Porphyromonas gingivalis (Sookkhee S., 2001). Lorsque le micro-environnement est propice à des modifications de flore (excès ou carences alimentaires, modification du pH buccal, antibiothérapie, médication, perturbation du système immunitaire…), le nombre et la distribution des microorganismes changent. Les bactéries Gram -, bactéries fusiformes, des spirilles et des spirochètes potentiellement pathogènes, prolifèrent et déclenchent une réaction immunitaire et inflammatoire dans le tissu conjonctif situé sous l’épithélium de jonction. Ces bactéries participent activement à la destruction tissulaire, car privées d’oxygène, elles dégradent les acides aminés et les acides gras de l’hôte pour se nourrir en générant des dérivés toxiques (acétone, butanol, éthanol…). Si cette inflammation n’est pas contrôlée, elle entraîne des destructions des tissus de soutien de la dent : os alvéolaire, ligament alvéolo-dentaire. Le collagène est également détruit par des enzymes catalytiques, favorisant inflammation du tissu de soutien et infiltration des bactéries. Le cercle vicieux s’installe… pouvant dégénérer vers des pathologies bien plus lourdes (pathologies cardiovasculaires, …). Certaines souches de probiotiques ont fait leurs preuves au niveau buccal : une publication a montré que l’administration de LGG (lactobacillus rhamnosus GG) chez des enfants diminue l’apparition de caries et la présence de strectocoques dans la salive et la plaque dentaire (Näse L., et al ; 2001). De même, l’administration de LGG chez des personnes âgées protège la santé buccale notamment en diminuant la présence de candida albicans et en augmentant le flux salivaire (Hatakka, et al ; 2007).

Cependant, si des déséquilibres alimentaires entretiennent une muqueuse fragile et une flore pathogène, l’apport de probiotiques et de soins dentaires seront peu durables voire inefficaces. Il convient alors de permettre à l’individu de résoudre l’inflammation, réparer et détoxifier par l’apport de micronutriments spécifiques avant de recoloniser la cavité buccale par une flore appropriée. La Nutrition Cellulaire Active (NCA) consiste à optimiser le terrain bionutritionnel de l’individu par l’apport de micronutriments permettant de :

• favoriser la détoxication des toxines et toxiques ;
• maintenir une muqueuse et une flore buccale intègres ;
• déclencher une réponse immunitaire efficace ;
• favoriser la résolution de l’inflammation ;
• réparer les tissus lésés.

Aller plus loin en lisant l’article complet « L’intérêt de la Nutrition Cellulaire Active en pathologies buccales » dans Indépendentaire n°113 de décembre 2013