Petit précis d’hygiène émotionnelle et communicationnelle

Alors que l’avancée de la technologie a permis d’endiguer la douleur, 60 % des Français auraient toujours peur du dentiste. Et si la fonction du praticien est de soigner, elle ne se fera dans de bonnes conditions pour tous que si ce soin est… parlé. Pour apaiser l’angoisse du patient, le praticien se doit de communiquer.

«J’ai pu constater que la plupart des professionnels de santé n’ont jamais reçu de formation en communication et en relations humaines (de nombreux participants à mes stages sont médecins ou chirurgiens-dentistes) » témoignait Thomas d’Ansembourg auteur de l’ouvrage « Cessez d’être gentil, soyez vrai » (voir notre numéro Indépendentaire d’avril 2006). Et il ajoutait : « Ils disposent d’un savoir technique, mais éprouvent des difficultés dans leurs relations avec les patients ». Les relations de pouvoir entre le professionnel de santé et son patient sont bien réelles même si l’accès à la connaissance (Internet, etc.) de ce dernier tend à modifier (du moins en apparence) l’équilibre des forces. Seul le renforcement du dialogue entre le chirurgien-dentiste et son patient permet d’instaurer une relation de thérapeutique de confiance, propice au soin. C’est pourquoi le praticien doit rétablir « ce parler vrai » afin de permettre à son patient de maîtriser les émotions et les appréhensions (manque de confiance en soi, son anxiété, ses peurs) autour de lui.

Les mots justes pour dire vrai

« Être vrai, c’est gérer l’imprévu et les frustrations qui surgissent sur votre parcours tout en demeurant sincère à travers vos paroles et vos actes » analyse Thierry Gaubert dans son étude « Ne trichez plus avec vous-même et avec les autres ». L’auteur rappelle que les mots sont vecteurs de négociations, expliqueront et serviront de barrières ou de laissez-passer. Encore faut-il trouver les mots justes. Pour exemple, la vidéo « Le pouvoir des mots »* qui circule sur Youtube depuis deux ans. On y voit un aveugle faisant la mendicité assis sur un trottoir une pancarte posée près de lui. Il y a écrit « Je suis aveugle, aidez-moi ! ». Il récolte peu de pièces. Une jeune femme s’arrête, prend sa pancarte et au dos y inscrit « C’est une belle journée que je ne peux pas voir ». La même chose mais avec des mots à valeur « affective » ajoutée. Le résultat est immédiat : les passants s’arrêtent plus volontiers pour donner une pièce car ces mots parlent à la sensibilité du plus grand nombre. C’est ce que Thierry Gaubert nomme les mots justes pour dire vrai : « La vérité, la clarté, la sincérité réclament une conscience, une précision des mots. Ils doivent être choisis afin d’être justes pour soi et recevables pour l’autre ». Leur impact émotionnel (sourire, larme, colère…) sera aussi déclencheur selon l’individu de joie, de doutes, de frustrations ou toutes autres valorisations ou répercussions néfastes.

Savoir décoder

Au-delà de son savoir scientifique, le chirurgien-dentiste dans son rôle de manager et aussi d’accompagnant doit rapidement décoder avec attention et intérêt ce que son interlocuteur va lui dire par ses paroles mais aussi par son regard, sa gestuelle, son attitude : autant d’éléments comportementaux qui reflètent et trahissent la réalité intérieure de l’individu.

En savoir plus dans l’article complet « Petit précis d’hygiène émotionnelle et communicationnelle » dans Indépendentaire n°116 de mars 2014