Pourquoi intégrer la caméra à notre exercice quotidien ?

Motivation, explications, acceptation des devis, valorisation du travail réalisé... La caméra est un outil de communication efficace quand on est formé à son utilisation. Attention, sans précaution, elle peut se révéler décevante. Mode d’emploi.

« Une image vaut mille mots » et c’est bien là le problème... s’imaginer que la caméra évitera mille mots. Penser que des images pallieront nos difficultés relationnelles est une illusion que l’on perd bien vite à l’usage, avant de la ranger définitivement dans un tiroir et de la déclarer sans efficacité. La caméra est un outil de communication certes, mais elle est d’abord un outil, c’est-à-dire qu’elle doit être utilisée par une personne formée à son utilisation.

MOTIVER LE PATIENT

PREMIÈRE APPROCHE

Le rôle le plus évident des images est l’aide à la communication entre le patient et le praticien lors du diagnostic. La caméra motive le patient en rendant plus accessible sa pathologie et donc l’intérêt d’accepter le devis qui correspond. Elle diminue la nécessité d’utiliser des termes techniques, car la plupart des patients interprètent facilement l’image à l’écran d’un amalgame débordant, d’une obturation défectueuse, d’une coloration grise révélant une carie, d’une gencive bourgeonnante ou violacée avec infection parodontale. Le praticien n’aura alors qu’à répondre à LA question qui ne tardera pas à venir: « Que faut-il faire contre ça, docteur ? »

PRISE DE CONSCIENCE

Sans ces prises de vues, la visibilité du patient est limitée au miroir et donc aux faces vestibulaires des dents antérieures à taille réelle. L’effet grossissant de l’écran offre également un intérêt pédagogique certain. Sans habitude des proportions millimétriques de la cavité buccale, le patient sous-estime parfois les symptômes jugés proportionnellement à leur taille. « Bien sûr, elle a migré cette dent... mais d’un millimètre tout au plus, ce n’est pas grand-chose » ou encore des remarques sur la modestie « de ce petit trou qui a provoqué tant de dégâts ». Avec la caméra, ce « petit trou » prendra une envergure plus significative pour le patient qui ajustera ainsi sa notion de « taille » des problèmes.

PHOTOGRAPHIES AIDE-MÉMOIRE

La plupart des caméras sont équipées d’un système qui fige les images, celles-ci peuvent être imprimées sur papier ordinaire et remises au patient pour qu’il puisse... en parler à son conjoint ! En effet, la plupart des décisions se prennent en couple ou de façon collective. C’est pourquoi le patient n’est plus l’unique cible de communication : lui donner les moyens d’impliquer chaque personne influente est capital pour la décision finale. Dans la plupart des cas, il lui sera difficile de répéter des explications techniques et de répondre aux questions, mais le patient pourra aisément montrer les images et ainsi les commenter plus facilement, l’aide visuelle assistant la mémoire.

AVANTAGES

APPAREIL PHOTO

« Lorsque mes confrères me disent utiliser un appareil photo... je leur conseille juste d’essayer une caméra ! De tester sa maniabilité en bouche par rapport au zoom limité d’un appareil photo, de constater la précision et la qualité de l’image grâce à la lumière intégrée... pour des photos obtenues en temps réel et sans manipulation. » explique un omnipraticien convaincu dans le Puy-de-Dôme qui utilise systématiquement une caméra.

ARGUMENTER SES DEVIS

Certaines pathologies évoluent sans que le patient en soit conscient... jusqu’à ce que les premières douleurs soient là. À ce stade, un traitement anticipé est dépassé. Combien de fois avez-vous renoncé à présenter une pathologie (et donc un devis) devant la difficulté d’expliquer une notion que vous ne pouviez pas montrer de manière efficace ? Avec une caméra on pourra ainsi partir d’une observation de la réalité clinique irréfutable.

CÔTÉ ADMINISTRATIF

Les images des caméras intrabuccales peuvent être imprimées ou envoyées par Internet aux compagnies d’assurance pour simplifier et accélérer le processus d’approbation. Elles permettent aussi de conserver les images dans des dossiers informatiques pour un registre des traitements.

IMPLICATION DU PROTHÉSISTE

Il paraît impossible de réussir une restauration esthétique si le prothésiste ne voit pas à quoi ressemble le patient... Il est donc très appréciable de transmettre des vues réelles de la bouche et du sourire du patient au prothésiste. La transmission d’informations au laboratoire est ainsi améliorée et en conséquence la qualité du travail rendu au patient. De plus, cette initiative a également un effet très positif sur la motivation du technicien qui se sent plus impliqué.