Peur du dentiste : 7 conseils pour apaiser le patient

 
Peur du dentiste : 7 conseils pour apaiser le patient

La « peur du dentiste », très répandue, n'a pas seulement comme conséquence de compliquer les soins. Elle peut aussi conduire le patient à les éviter, voire à y renoncer. Voici quelques clés pour la gérer.

1. Prenez soin de vous (et de votre équipe)
Pour tranquilliser vos patients, apprenez d'abord à prendre soin de vous et de votre équipe. Ayez toujours à l'esprit que l'attitude de l'équipe soignante est contagieuse. Vous êtes stressés ? Les patients le seront aussi, ce sont de véritables éponges. Vous traînez les pieds pour aller au travail ? L'ambiance est délétère ? Ils le ressentiront ... et ils angoisseront! Pas la peine d'adopter un sourire de façade, vous ne les duperez pas. Prenez les problèmes à bras-le-corps. Luttez au quotidien contre les fléaux que sont le stress et le mal-être : apprenez des exercices de respiration, organisez des séminaires pour resserrer les rangs, renforcer la cohésion du groupe ... Dites-vous bien que si le stress et le mal-être se transmettent tel un virus, il en va de même pour la tranquillité et le bien-être.

2. Créez un environnement sécurisant
Gommez le caractère anxîogène du cabinet. Adoptez par exemple un design « zen ». Le cabinet où travaille Nathalie Cruzel-Thévenet en tant qu'assistante dentaire a ainsi un petit air « d'institut de beauté" qui le rend moins intimidant. Travaillez le look de l'équipe. en troquant le blanc des hauts pour la couleur. Proposez aux patients de choisir l'ambiance musicale. Jouez sur les odeurs, diffusez des huiles essentielles. Investissez dans des jouets si vous traitez des enfants. Pensez à d'éventuels aménagements. Le Or Loïc Calvo, parodontologue à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), a prévu un cart sur le côté, afin que les instruments « ne passent plus en transthoracique". De même, le scialytique est accroché au plafond. De fait, « le fauteuil se retrouvant assez nu. le patient ne se sent pas prisonnier». Les possibilités sont légion pour sécuriser le cabinet. N'hésitez pas à permettre à vos patients d'appréhender l'environnement en douceur lors de la première consultation, idéalement dépourvue de soins. «Les patients se forgent une opinion très rapidement », signale le Or Jona Andersen, pédodontiste à Paris.

3. Soyez à l'écoute des peurs
Partez du principe. à l'instar du Dr Calvo, que «les gens ont potentiellement peur du dentiste». Cette peur est «souvent formulée !", témoigne Nathalie Cruzel­Thévenet. qui est également formatrice à la CNQAOS Bordeaux. Mais pas toujours, et elle est rarement expliquée. C'est à vous «d'entendre ce qui n'est pas dit», explique Marilyn Michel, assistante pédagogique et formatrice à la CNQAOS Bordeaux. Posez des questions. À ses jeunes patients, le Dr Andersen demande: «Tu as peur? Décris-moi ta peur? Qu'est-ce qui te fait peur?» Pour que vos patients se livrent. coupez tout ce qui est nuisible en termes de bruit. Souvent. la peur remonte à un traumatisme infantile. Marilyn Michel se souvient d'une patiente surnommée «le tortillon» parce qu'elle baugeait beaucoup : « Un jour. alors que j'étais seule avec elle ou fauteuil quelques instants, je lui ai dit, en regardant la pluie tomber, qu'on ne manquerait pas d'eau dons les vignes. Elle m'a confié que, petite, elle avait failli se noyer. J'ai alors compris l'importance de mon rôle d'aspiration et me suis engagée à ce qu'elle n'ait plus d'eau dans la bouche. Elle n'a plus jamais bougé au fauteuil.» De manière générale, n'hésitez pas à leur dire que vous avez compris leur peur. que vous l'avez entendue.

4. Adoptez un discours rassurant
Premier impératif pour rassurer: rappelez «qu'aujourd'hui, les soins sont faits sous anesthésie, on ne sent rien ! », explique Nathalie Cruzel-Thévenet. « Je ne dis pas à mes patients que je vois totalement faire disparartre leur peur, ni qu'ils vont m'adorer, plaisante le Or Calvo. Mois je leur affirme qu'on peut les soigner de manière confortable.» Deuxième impératif : bannissez toutes les formules négatives. « Préférez 'rassurez-vous, les soins seront confortables· à «Ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal», détaille-t-il, car le subconscient ne fait pas attention à la forme négative.» Il y a aussi des« mots interdits», juge le Dr Andersen : «douleur», «mal», «piqûre» notamment , à son cabinet. Elle utilise des métaphores, qui rendent le soin inoffensif pour les petits: le fauteuil devient « tapis volant magique >>, l'anesthésie << potion magique>>. Enfin, ne soyez jamais péjoratifs : « Ne dites pas au patient qu'il se brosse mal les dents, mais qu'on peut rendre son brossage plus efficace, avise le Dr Calvo. On n'est pas là pour le brimer. La relation don être d'égal à égal. » C'est crucial pour instaurer la confiance.

Pauline Machard

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