Comment gérer le départ de votre senior

Depuis des années, vous collaboriez avec celui « qui vous a tout appris » avant de devenir un binôme inséparable. Mais votre senior raccroche les gants… Nos conseils pour gérer son départ auprès de l’équipe, comme des patients.

Le praticien qui nous a donné notre chance pour la première fois (si l’on a la chance de faire une telle rencontre !) peut être pour nous un maître à penser, un mentor charismatique… en un mot un modèle. Depuis des mois ou des années, nous travaillons à ses côtés dans une collaboration qui aboutira sur une cession. Nous apprécions ses idées, sa vision de la dentisterie, son approche des patients comme son management et, au fil du temps, une relation forte s’est nouée entre nous. Ayant gagné sa confiance et son estime, et devant reprendre les clés du cabinet, quand il a une décision à prendre, il nous met dans la confidence et nous demande désormais conseil. En résumé, nous adorons littéralement notre senior… et la perspective de le voir quitter le cabinet nous plonge dans l’angoisse. Tout est profitable dans cette relation, mais la collaboration ne durera pas toujours et mieux vaut se comporter en en ayant conscience et en préparant l’étape suivante. Son départ ne bouscule pas seulement l’ordre établi et ne fait pas que nous inquiéter à la perspective d’un changement, il va nous amener à nous positionner différemment par rapport à l’équipe du cabinet et aussi à (certains) patients. Notre chef est aimé et reconnu, son aura et sa crédibilité rejaillissent sur nous, mais attention aux faux pas qui ne manqueront pas d’entraîner l’impitoyable « Avec le Dr Davant, ça ne se passait pas comme ça » !

Ne pas se détacher trop brutalement

Si le senior n’est pas encore parti, une erreur consiste à se détacher brutalement de lui, pour se positionner déjà comme seul maître à bord. Ce manque d’élégance risquerait de se tourner contre le praticien « restant » dans l’adhésion de l’équipe à son nouveau patron. Se montrer loyal jusqu’au bout  en respectant ce qu’il a fait pour le cabinet, l’équipe, les patients, soi-même, et faire savoir que l’on a beaucoup apprécié cette collaboration et que l’on regrette ce (logique) départ. Les départs de praticiens entraînent souvent un climat émotionnel chargé, dans lequel il importe de garder la tête froide. C’est d’autant plus facile que le départ a été préparé entre le senior et le junior et évoqué auprès des patients et de l’équipe. Il est parti, les premiers temps il est naturel de se sentir seul, sans tuteur pour nous protéger et nous faire progresser. Mais le temps est venu de se forger une légitimité, de démontrer que l’on existe et que l’on a des idées, sans lui. L’objectif est de rassurer à la fois le personnel et les patients qui peuvent douter (et même si nous sommes dans le doute nous-même, il est très important de ne pas le partager avec les employés !). Évitons d’invoquer à tout bout de champ notre prédécesseur  : il n’est pas question de donner l’impression de se lamenter sur un âge d’or perdu. Les négociations, causes et circonstances du départ ne concernent personne en dehors du cabinet, il n’est pas agréable d’avoir à se justifier (surtout si le départ est anticipé).

Se préparer, préparer les autres

Succéder à un praticien charismatique n’est pas une chose aisée. Comment impose-t-on son style managérial et sa façon de concevoir la dentisterie auprès de sa patientèle quand son prédécesseur a marqué en profondeur le cabinet  ? Préparer correctement sa « succession professionnelle » est le dernier (et l’un des plus difficiles !) exercices auquel doit faire face un dirigeant d’entreprise, quelle que soit sa taille.

En savoir plus dans l’article complet « Comment gérer le départ de votre senior » dans Indépendentaire n°116 de mars 2014