De magnifiques possibilités se cachent derrière les problèmes insolubles (suite)

Anouk de Clayssac, journaliste et auteur a interrogé en Californie le Dr Gérard Gourion, consultant en management de cabinets dentaires. De cet entretien elle a tiré une série d’articles que nous publierons chaque mois dans nos colonnes. Ce mois-ci, l’entretien poursuit son approche de la gestion des cabinets pour répondre à la question posée précédemment : comment est-il possible de sortir notre exercice du marasme ?

Anouk de Clayssac : Dr Gourion, vous avez défini ce qu’était un problème (voir Indépendentaire n°120), nous avons bien compris l’importance de la quantification des objectifs pour optimiser un système et vous nous avez fait entrevoir de nouvelles possibilités de gérer notre exercice grâce à l’utilisation de modèles mathématiques et de simulateurs.

Gérard Gourion : Oui en effet c’est bien ça ! Je n’utiliserais pas le terme « gérer » mais plutôt celui de « piloter » son exercice. En faisant référence au monde de l’aéronautique, je dirais qu’un pilote va mener son avion d’un point A à un point B. Il sait où il est et surtout où il va, que pour atteindre son objectif il aura à sa disposition un certain nombre d’informations très précises, techniques et analytiques sur les paramètres de vol de son aéronef ainsi que sur les conditions météorologiques qu’il rencontrera en route, que nous appelons « contraintes » dans notre analyse de système. Il pourra simuler son vol dans un simulateur qui n’est autre qu’un modèle mathématique dynamique très sophistiqué de l’avion et optimiser sa consommation de kérosène ainsi que sa vitesse grâce aux calculs de son ordinateur de bord. Il sera guidé depuis le sol par un centre de contrôle aérien qui suivra sa route et lui donnera des instructions à suivre pour atteindre sans encombre et dans les meilleurs conditions sa destination. Vous voyez que le chirurgien-dentiste va, en quelque sorte, grâce à cette technologie, être le « commandant de bord » de son cabinet, « l’avion », il pourra avoir un collaborateur, « le pilote en second », une ou plusieurs assistantes, « les hôtesses de l’air » et pourra, grâce aux instruments de bord de « MonitXP » et le centre de contrôle au sol « MonitAI », savoir à chaque instant où il est et où il va tout en menant à bon port ses passagers, « les patients », dont il satisfait les besoins en assurant leur confort et leur sécurité.

Vous parlez de « contraintes » dans l’analyse de système. De quoi s’agit-il ?

Je vous ai expliqué ce qu’était l’analyse de système. Je vous ai dit qu’un « problème » était un élément du système dont l’objectif était différent de celui du système, mais je n’ai pas eu l’occasion de vous parler des systèmes extérieurs au système cabinet-dentaire qui contrecarrent ses objectifs. Des systèmes qui sont hors de contrôle du praticien, telles la Sécurité sociale et les mutuelles, ou encore le fisc. Ce ne sont pas des problèmes puisqu’ils n’appartiennent pas au système. Ce sont des contraintes qu’il faudra subir ou contourner. (fig. 1)