Arrêter de râler pour générer du changement

 
Arrêter de râler pour générer du changement

Les Français seraient ainsi davantage râleurs que les autres nationalités. Eh oui… devant les Italiens ou les Américains, ce sont bien les Français qui râleraient le plus si l’on en croit les conclusions d’un sondage Opinion Way réalisé pour la Maaf. Est-ce une raison pour s’adonner à cette habitude cocardière ? Pistes pour voir les « râleries » d’un autre oeil.

Soucis administratifs, fiscaux, transports, coût de la vie, bugs informatiques, pannes, patients, Sécu, mutuelles, météo, politiques, incivilités, conjoints et enfants… les irritations quotidiennes et donc les raisons de râler ne manquent pas. En moyenne, une personne râle entre 15 et 30 fois par jour ! Selon l’étude Opinion Way pour la Maaf et Métro, nous sommes plus de 93 % à reconnaître râler souvent, voire très souvent. La justification de nos râleries la plus fréquemment citée serait « ne pas se faire marcher dessus » avec en avantage collatéral le fait qu’exprimer son mécontentement détendrait le râleur. Sauf qu’une journée passée à râler à tendance à nous donner le sentiment d’avoir gâché notre journée et que « tout le monde » s’est ligué contre nous pour nous faire passer un mauvais moment. Quand nous râlons, nous avons la plupart du temps d’excellentes raisons de le faire : en général, nous ronchonnons car nous avons un besoin qui n’est pas satisfait et ce besoin est suffisamment important pour générer une frustration (qui éveillera en nous de la colère ou de l’agacement… et le déclenchement de la plainte…). Bien que notre besoin non satisfait soit bien réel et souvent justifié, nous adoptons en râlant une stratégie pour l’apaiser qui porte rarement ses fruits.

La râlerie comme lien social

Râler à propos du temps qu’il fait (trop chaud, trop froid, trop de pluie, pas assez…), des trains qui arrivent en retard et des menus tracas quotidiens, entonner en choeur le refrain du « c’était mieux avant », permet de trouver des sujets de conversations consensuels avec nos prochains. Il faut donc, pour qui tenterait l’expérience de bannir la râlerie de son quotidien, s’attendre à certains blancs dans les conversations… et à certaines conversations moins superficielles. Quand nous ne râlons plus, il y a plus de blancs dans nos conversations. Pourquoi ne pas combler ce vide en célébrant les bonnes choses qui nous arrivent pendant la journée, il y en a forcément. Souvent, les gens s’en empêchent car ils se demandent ce que les autres vont penser. Pourtant, personne ne se demande ce que nos collègues vont penser si nous arrivons en râlant au cabinet dès le matin. Quand nous arrêtons de râler, nous nous rendons compte que notre vie peut être complètement différente.

Commencer par apprendre à dire non

Lorsqu’on se plaint on part du postulat que c’est notre interlocuteur en particulier, les autres, ou le monde en général, qui sont responsables de notre mécontentement. Pratique, cela nous évite de prendre nos responsabilités, notre histoire en main et c’est aussi est un excellent moyen de ne pas devenir adulte. Première astuce pour mettre un terme à ce type de plainte, il s’agit de commencer par apprendre à dire non : bien souvent quand on se plaint, c’est que l’on a accepté de faire des choses alors que l’on n’en avait pas envie (ou pour lesquelles on n’avait pas vraiment la compétence). Et se rappeler, sans cesse, que dire oui quand je pense non, c’est se dire non à soi-même…

Par Guylaine Masini