Crachoir, en avoir ou pas ?

On pourrait légitimement penser qu’il existe des questions plus polémiques… et pourtant. Rares sont les sujets qui divisent comme celui-ci : un crachoir, en avoir ou pas. Tour de la question en 2014.

Si la tendance actuelle en ergonomie des cabinets dentaires est bien de supprimer les crachoirs qui cumulent de nombreuses tares (nids à bactéries impossibles à bien désinfecter, moyen de pression des patients pour interrompre les soins), on ne peut contester leur utilité, du moins du temps où les aspirations n’existaient pas (ou n’étaient pas assez performantes ou en l’absence d’une assistante au fauteuil), et où le patient se relevait pour cracher le trop plein d’eau. Entre réelle utilité et habitude à la vie longue, on compte autant d’avis que de praticiens.

Il n’en demeure pas moins que tous les industriels proposent leur fauteuil avec un crachoir, et qu’il semble parfois bancal une fois le crachoir supprimé. Le coût du crachoir dans l’équipement général représente 15 à 25 % du coût de l’ensemble et centralise à lui seul un nombre conséquent de pannes de l’unit ; s’ajoute à cela le nettoyage des filtres, la décontamination entre chaque patient (et en fin de journée) qui donne au minimum 30 minutes de travail quotidien pour ce simple poste. Mais le principal reproche fait au crachoir est son appartenance à « un autre temps » et son aspect peu ragoûtant.

Donner du pouvoir ?

Un spécialiste en agencement de cabinet dentaire le reconnaît : « Laisser le crachoir à disposition des patients c’est leur donner le pouvoir d’interrompre les soins à leur guise… un patient qui fait mine de s’asseoir toutes les 30 secondes sur le fauteuil pour cracher, c’est bonnement ingérable et cela demande un travail non négligeable de nettoyage à la fin du soin. Une simple salle de prophylaxie, en dehors de la salle de soin suffit largement.Même s’il faut bien évidemment la nettoyer également. »

Selon les adeptes du « sans crachoir » les demandes de patients restent très marginales et les habitudes sont plutôt à déloger du côté des praticiens ! (Au regard de la fréquentation des cabinets dentaires par nos compatriotes, peut-on effectivement parler d’habitudes en ce qui concerne leur visite dans les cabinets ?).

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