Comment éviter la douleur aujourd’hui ?

Si chaque praticien a sa technique préférée pour éviter la douleur, il existe différentes méthodes pour anesthésier un patient avant une intervention. L’anesthésie c’est (aussi) une question de culture. Le point sur l’état de l’art dans le domaine.

La douleur est une appréhension qui pollue encore aujourd’hui les relations des patients à leurs praticiens. Le Dr Pierre Verpeaux, chirurgien-dentiste à Limoges et notamment auteur du récent article Maîtriser l’anesthésie de A à Z (Dentoscope n° 151) rappelle : « C’est clairement dans la relation qui va s’établir avec le patient que tout va se jouer. En effet, tous les jours je peux entendre au cabinet : ça y est je vais m’asseoir sur le fauteuil de torture. Si nous arrivons à casser cela alors ce sera gagné. Pour réduire la longueur des soins, il n’y a pas de remède miracle, pour autant, avoir de bons fauteuils et, par exemple, de la musique dans les oreilles peut permettre d’améliorer les conditions d’une anesthésie. Le but est notamment de pouvoir rassurer le patient. Cela peut aussi être le rôle de l’assistante. »

À l’heure actuelle, il n’existe pas qu’une seule technique d’évitement de la douleur : anesthésie locale, sédation, Meopa, spray nasal à base de benzodiazépine pour les enfants ou encore hypnose (voir article en pages suivantes) font partie du panel dont le praticien bénéficie. Certes, l’anesthésie locale est aujourd’hui la plus utilisée et fait très largement partie du quotidien des chirurgiens- dentistes, mais de pays à pays, ce ne sont pas forcément les mêmes produits qui sont utilisés.

Selon la région du monde, l’utilisation des produits et techniques ainsi que leur importance varie. Par exemple, l’articaïne est plus courante en France qu’aux États- Unis où cela fait à peine moins de 10 ans qu’elle est utilisée. Une différence d’approche donc mais aussi d’usage. L’articaïne est arrivée sur le marché français entre 1985 et 1990 : « Celle-ci a été, présentée au départ comme une molécule plus performante et davantage dosée (plus exactement doublement). Puis, nous sommes passés d’un produit à un autre mais sans réadaptation de nos pratiques » explique le Dr Pierre Verpeaux. S’est donc posée la question de la redéfinition de certains dosages.

Il n’existerait à l’heure actuelle aucune tabulation spécifiée avec des dosages précis de toxicité. « Il existe un réel besoin de formation en anesthésie. Aujourd’hui il n’existe pas d’ouvrage de référence sur la question. Clairement, les praticiens ne savent pas forcément quels produits ils utilisent et à quelle dose » soulève le Dr Pierre Verpeaux. En question : notamment une évolution des normes et des produits.

En Allemagne, il existe un dosage d’adrénaline… qui n’est pas le même en France.