Changer tout ? Oui mais en douceur

Il s’agit d’oublier ce qu’ils ont appris ?

C. R. : Pas du tout ! Il n’est pas question de mettre à la poubelle ce que l’on a appris et ce que l’on fait, mais de faire le point sur ce qui nous frustre et sur ce qui a du sens pour nous. Se poser des questions, chercher à comprendre, pourquoi tel patient a eu telle ou telle réaction, qu’est-ce que j’aurai pu faire ou dire ? Il s’agit d’apporter des réponses aux patients, de ne pas les laisser dans le dénuement face à leur souffrance ou à leurs questions. Je me suis rendue compte que dans certains cas un peu complexes, les médecines naturelles avaient des solutions intelligentes, que je suis contente de connaitre!

Pouvez-vous nous expliquer le concept de santé éco-compatible ?

C. R. : Il s’agit par là de « soigner l’humain sans rendre malade l’environnement ». Nous ne pouvons pas nous extraire de notre environnement. En effet le choix des matériaux doit se faire en pensant à leur élimination. La crémation de personnes ayant du mercure en bouche est une grosse source de pollution! Seuls 12 sur les 180 crématoriums en France sont équipés de filtres qui coûtent 350000€! Organiser nos plans de traitement avec des rendez-vous longs et optimiser la gestion de son planning a un impact écologique bien plus important qu’on imagine, ne serait-ce en frais de déplacements. On devrait être éco-conscient dans chacun de nos choix et chacun de nos actes. Nous poussons le raisonnement citoyen dans nos actions d’achat mais aussi dans le choix de nos partenaires financiers.

Vous parlez de créer des réseaux multidisciplinaires ?

C. R. : Tout à fait ! Je recommande vivement de mettre en place un réseau de professionnels et de créer du lien : quand une intoxication aux métaux lourds est diagnostiquée, il peut être judicieux de se coordonner avec le naturopathe pour programmer la dépose, quand on fait une réhabilitation posturale, il convient de parler avec l’ostéopathe qui accompagnera l’action de la gouttière en accélérant et stabilisant nos équilibrations occlusales. Un simple mot aux correspondants pour partager avec eux ce que l’on connaît de l’état de santé du patient peut être utile et complémentaire.

Vous dites que les patients ne veulent plus que « leur bouche soit le lieu d’une pollution supplémentaire ».

C. R. : Oui et cela s’exprime très fort sur les réseaux sociaux par les internautes qui posent des questions à la fois très pertinentes et angoissées. Certains ont quitté leurs dentistes qui leur reprochaient de « trop écouter la télé », et qu’il n’y avait « pas de problème ». De nombreux patients remettent en cause l’attitude de leur dentiste qui n’est pas à l’écoute de leurs inquiétudes, ils perdent confiance, posent des questions qui dérangent… La moitié de mes nouveaux patients me disent avoir quitté leur précédent dentiste parce qu’il ne voulait pas répondre à ses questions. Ces patients vont trouver refuge sur Internet et se rendent compte qu’il existe une dentisterie différente. On comprend que le train est déjà en marche et de nombreuses places vous attendent en première classe !

L’on reproche à cette dentisterie d’être une « médecine de riche », que leur répondez-vous ?

C. R. : C’est un lieu commun aussi répandu que faux. Cela n’est pas une médecine de privilégiés, mais c’est une médecine de choix, très certainement et ça, ce n’est rien d’autre que du bonheur ! Que l’on fasse un composite ou un amalgame le tarif reste le même, de même que l’on opte pour des matériaux avec ou sans bisphénol, la différence de prix est marginale et la prothèse joue encore son rôle d’équilibre de rentabilité. Nos factures de matériaux ne représentent que 5 % de nos charges, nous ne sommes pas à quelques euros près pour choisir la qualité, l’innocuité et la biocompatibilité. Pour l’anecdote, un centre de soins dentaires est implanté en face de mon cabinet et leurs tarifs pour les onlays sont supérieurs aux miens !