Lutter contre les infections associées aux soins (IAS) au cabinet

organisation

Lutter contre les IAS est essentiel en dentisterie. Retour sur des stratégies de prévention adaptée.

Le ministère de la Santé définit une IAS comme une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d’un patient qui n’était ni présente, ni en incubation au début de cette prise en charge.

Vous avez l’obligation d’en protéger vos patients et votre équipe : d’après le Code de la santé publique, le chirurgien-dentiste doit « prendre et faire prendre par ses adjoints ou assistants dentaires (AD) toutes dispositions propres à éviter la transmission de quelque pathologie que ce soit ». Au-delà de la loi, ces dispositions contribuent à la sécurité de tous, à vous rapprocher du principe éthique « primum non nocere » et à gagner la confiance de vos patients : « N’hésitez pas à montrer la pièce de stérilisation au cabinet ou sur votre site internet », conseille le Dr Michaël Lumbroso, chirurgien-dentiste à Versailles.

Pour éviter toute contamination, des gestes chirurgicaux précautionneux ou une préparation adéquate du patient comptent. Mais la désinfection et surtout la stérilisation des dispositifs médicaux (DM) sont les principales clés de la prévention des IAS.

Installer le patient et se préparer correctement
Selon les actes, la préparation du patient peut commencer chez lui par une prémédication. Elle se poursuit au cabinet par un bain de bouche antiseptique et parfois, notamment en implantologie, par un habillage approprié, une désinfection du pourtour de la bouche et l’apposition d’un champ fenestré sur le visage. Un interrogatoire permet d’identifier les patients particulièrement à risque de transmettre ou de développer une IAS, explique le Dr Nicolas Orcel de Pont-l’Évêque.

Concernant votre préparation, vous et vos assistantes dentaires devez ôter tout bijou ou vernis à ongles, vous laver correctement les mains et revêtir un équipement approprié. « Aucun élément de cet équipement ne doit quitter le cabinet, en particulier les blouses. Il faut donc prévoir des machines à laver sur place », prévient le Dr Lumbroso.

Le dentiste doit par ailleurs vérifier que sa vaccination et celle de ses employés est à jour et afficher les règles de lavage des mains ainsi que la conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au sang ou aux liquides biologiques.

Stériliser les DM critiques non jetables et non thermosensibles
Il faut nettoyer et stériliser entre chaque patient tout ce qui a été déconditionné et qui doit passer en bouche, « porte-instruments dynamiques y compris », précise le Dr Cyrille Rolland, parodontiste à Doué-la-Fontaine. « Tout DM susceptible d’être touché par un gant stérile doit également suivre la chaîne de stérilisation », ajoute le Dr Orcel. Les étapes de cette chaîne sont les suivantes :


Pré-désinfection
Pour faciliter le nettoyage ultérieur d’un DM, une pré-désinfection doit être réalisée dès la fin de son utilisation. Il est alors, si possible, démonté, immergé dans des bacs de trempage en plastique remplis d’une solution détergente-désinfectante exempte d’aldéhydes pendant la durée préconisée par le fabricant puis rincé.

Il faut stériliser entre chaque patient tout ce qui a été déconditionné et qui doit passer en bouche.

Nettoyage-rinçage-séchage
Le nettoyage peut être réalisé manuellement dans une solution détergente avec une brosse ou un écouvillon souple après pré-nettoyage éventuel par ultrasons.
Un nettoyage automatique est cependant préférable pour gagner en efficacité, réduire le temps de nettoyage, la difficulté de lavage des porte-instruments dynamiques (PID), le nombre de manipulations à réaliser donc le risque de contamination des DM et de blessure de l’opérateur.

« Le bruit associé à la cavitation ultrasonore m’a également poussé à automatiser le nettoyage », raconte le Dr Rolland. Deux types de machines sont disponibles : des thermo-laveurs capables de nettoyer puis sécher, et des thermo-désinfecteurs à même de réaliser une désinfection thermique dispensant de la pré-désinfection, si les DM sont traites dans un temps le plus court possible.

Pour consulter l'avis de l'expert Christian Stempf, cliquez ici.

Pour lire l'intégralité de cet article Solutions Cabinet dentaire n°23, abonnez-vous ici ou connectez-vous à votre espace.