Praticiens étrangers : ils ont choisi la France pour exercer

L’Hexagone attire les praticiens européens car ils sont assurés d’avoir une bonne activité. Mais qui connaissons-nous vraiment ces praticiens qui veulent venir s’installer en France ?

En 1983 la France ne comptait qu’une cinquantaine de praticiens étrangers nouveaux inscrits. En 2000, ils étaient plus du double, dix ans plus tard, leur nombre approchait les 200. En 2013 on en dénombre environ 375. 32 % des praticiens étrangers exerçant en France sont Roumains, 26 % Belges et 15 % Espagnols. Sur 1  080 inscrits au tableau de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes en 2010, 178 étaient titulaires d’un diplôme étranger. On dénombrait parmi ceux-ci 59 Roumains, 26 Espagnols et 19 Belges. En 2011, parmi les 2 509 nouveaux inscrits on comptabilisait 581 diplômes étrangers : 296 de Roumanie, 82 d’Espagne, 44 de Belgique et 28 du Portugal. Nombreux sont les praticiens étrangers qui veulent s’installer en France où règnent des conditions d’exercice avantageuses au regard d’autres pays. Les zones en pénurie de chirurgiens-dentistes se tournent vers les praticiens d’ailleurs pour trouver des solutions à la désertification médicale.

25 praticiens étrangers sont venus dans la Vienne et ont apporté « de l’oxygène », estime le président du Conseil départemental de l’Ordre. Installés dans les zones rurales, ces praticiens sont en majorité des femmes, qui détiennent une bonne formation et sont motivés. Seul obstacle : l’acquisition de la langue française. Pour être inscrit à l’Ordre, il est nécessaire d’avoir un bon niveau de langue. « On les interroge  et ils réalisent un test de compétence de langue », précise le Dr Fronty. L’intérêt est générationnel. En effet les praticiens européens sont souvent de jeunes confrères qui ont exercé tout au plus un ou deux ans dans leur pays d’origine ou n’ont pas d’expérience du tout. Pour beaucoup ils sont collaborateurs de praticiens ayant besoin d’être secondés.

Elle a eu envie à son tour de s’installer

Le docteur Isabela Ispas travaille dans un cabinet de la Vienne depuis l’été 2012. Elle vient de Constanta, ville portuaire roumaine, au bord de la mer Noire. Elle a toujours apprécié la France, notamment son histoire et sa littérature, particulièrement Alexandre Dumas. « Je rêvais de venir en France », résume-t-elle. Même si elle doit payer d’importantes charges Urssaf, ce qui n’était pas le cas en Roumanie, elle est ravie de son installation. Elle travaille dans un cabinet où un fauteuil était disponible. Sa patientèle est beaucoup plus importante qu’en Roumanie car le niveau de revenu y est inférieur ce qui fait que les Roumains « négligent de se faire soigner ». Isabela est venue dans ce département car elle avait des amies praticiennes qui étaient déjà installées et se disaient très satisfaites de leur exercice. C’est ainsi qu’elle a eu à son tour envie de choisir l’expatriation après avoir travaillé dix ans en Roumanie…

En savoir plus dans l’article complet « Praticiens étrangers : ils ont choisi la France pour exercer » dans Indépendentaire n°114 de janvier 2014