Être une feeeemme… chirurgien-dentiste

Devenues majoritaires parmi les jeunes générations, les femmes devraient constituer plus de la moitié des effectifs des professions de la santé à l’horizon 2022… concrètement, ça change quoi ? État des lieux et éléments de réponse.

Très féminisées, les professions de la santé emploient en 2010-2012 trois femmes pour un homme, depuis 30 ans déjà, près de neuf infirmiers ou aides-soignants sur dix sont des femmes. Largement majoritaires également dans les professions paramédicales et sociales, les femmes sont quasiment aussi nombreuses que les hommes à exercer en tant que médecin alors qu’elles ne formaient au début des années 1980 que le tiers des effectifs. Devenues majoritaires parmi les jeunes générations, les femmes devraient constituer plus de la moitié des effectifs de cette famille professionnelle à l’horizon 2022. Dans le domaine qui nous intéresse plus particulièrement, au 1er janvier 2015, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) recensait 41 495 chirurgiens-dentistes dans la France métropolitaine et les Dom-Com, parmi eux, 35,8 % sont des femmes et 40 % des chirurgiens-dentistes libéraux sont des femmes. Le taux de féminisation de la profession est en constante augmentation : en 2013, la part des femmes dentistes exerçant en libéral était de 38 %.

Frilosité féminine ?

Dans le même temps, l’on constate que les femmes entrepreneurs ne sont pas aussi nombreuses qu’elles devraient. De là à se demander s’il existe des freins spécifiques à l’entrepreneuriat féminin, il n’y a qu’un pas… À chercher du côté des contraintes sociodémographiques (niveau de diplôme ou le nombre d’enfants), ou de raisons plus contextuelles (conjoncture ou les particularités nationales) ou encore de freins liés aux stéréotypes de genre ? Selon un document de France Stratégies, il existe bel et bien un « facteur femme », toutes choses égales par ailleurs, qui résiste à la prise en considération des éléments sociodémographiques et contextuels. Ce facteur serait très nettement le fruit d’une intériorisation des freins à l’entrepreneuriat qui éloignerait les femmes de ces projets. Une différence de comportement face au risque et la moindre volonté de s’enrichir de ces dernières, malgré des motivations globalement similaires à celles des hommes. Les entreprises créées par des femmes sont réputées être moins pérennes… durant les premières années. Une analyse détaillée des taux de survie en fonction du profil des entrepreneuses relativise ce résultat. De plus, dès lors qu’elles ont atteint une certaine taille, les entreprises dirigées par les femmes sont en moyenne plus performantes. L’entrepreneuriat féminin reste insuffisamment développé dans la plupart des pays de l’OCDE. En France, la part des femmes dans l’entrepreneuriat est de l’ordre ou inférieur à 30 % quelle que soit la mesure retenue (créateurs, dirigeants, autoentrepreneurs, indépendants…) et la dynamique favorable observée en matière de créations d’entreprises ces dernières années n’a pas vu évoluer significativement ces chiffres. Selon l’ouvrage La féminisation des professions de santé en France (2005) de Sabine Bessière, administrateur Insee, bureau des professions de santé à la Drees explique : « En secteur libéral, qui constitue l’essentiel de la profession, les honoraires moyens des femmes sont inférieurs de 27,8 % à ceux des hommes. Au sein des orthodontistes, les chirurgiens-dentistes spécialistes, l’écart d’honoraires est encore plus important entre les hommes et les femmes ».