Offrez des tickets restos à vos employés

Avec zéro euro de charges sociales pour le cabinet, des assistantes motivées et fidélisées, et via Internet un renouvellement en cinq minutes, les tickets restos apportent une solution parfaitement adaptée au cabinet dentaire. Enquête.

Ils ont refait parler d'eux à propos de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire. La député UMP Valérie Boyer a souhaité encourager la consommation de fruits et légumes en déposant récemment un amendement modifiant le Code du travail établissant que désormais, outre dans les restaurants, ils seront aussi utilisables chez les détaillants en fruits et légumes. Depuis plus de 40 ans, la vocation première des célèbres tickets est « d'être un titre spécial de paiement remis par l'employeur aux salariés pour leur permettre d'acquitter en tout (ou partie) le prix du repas consommé au restaurant ». La réalité se révèle souvent plus souple…

Déjeuner dans un coin du cabinet : interdit !

Le Code du travail stipule qu'il est interdit de laisser son assistante prendre un repas dans des locaux affectés au travail. Si, toutefois, l'employeur autorise les déjeuners au cabinet, il se voit par conséquent obligé de mettre à disposition de ses employés un local spécialement dédié à la pause repas. C'est ici où le ticket resto offre une alternative intéressante ; il permet d'économiser une affectation professionnelle en espace privé pour la prise de repas (voir Indépendentaire n°70, Aménager son coin perso).

Rappelons que plus de la moitié des cabinets ne possède pas de pièce dédiée à la prise des repas. Le plus souvent, l'on constate une pause rapide (et illégale) dans la salle de sté. En raison de sa facilité de mise en place et de son faible coût, le titre-restaurant propose un moyen efficace de répondre aux souhaits des salariés, quelle que soit la taille du cabinet (les tickets restos ne sont pas réservés aux grands groupes ; ils sont disponibles dès le premier salarié).

Des dépenses maîtrisées couplées à un outil de management efficace

Concrètement, le chirurgien-dentiste prend à sa charge de 50 % à 60 % de la valeur des titres-restaurants accordés à son personnel. Le coût de la participation de l'employeur est tout à fait prévisible. Bonne nouvelle : la contribution de l'employeur dans le financement des titres n'est pas assujettie aux cotisations de Sécurité sociale, à hauteur de 5,19 € par titre en 2009 (en cas de dépassement de ce plafond, la part excédentaire donne lieu à réintégration dans l'assiette de calcul des cotisations sociales).

Son fonctionnement s'intègre dans la gestion des salaires du personnel et constitue un outil de management, un facteur de motivation (et de fidélisation) pour les salariés : complément de revenu significatif, il est l'un des seuls avantages sociaux dont ils peuvent bénéficier immédiatement.

Il permet par ailleurs aux assistantes de faire une vraie pause déjeuner, de « couper » pour un instant de l'ambiance du cabinet et d'entamer la deuxième partie de la journée vaillamment ! Il offre un « espace de liberté » permettant à chacun de pouvoir se restaurer à sa convenance dans les restaurants ou les commerces alimentaires, selon son choix et ses envies. En ces temps de conjoncture économique difficile, les tickets restos constituent une augmentation du pouvoir d'achat. La valeur libératoire du titre-restaurant étant supérieure à ce que le salarié pourrait débourser pour l'acquérir auprès de son employeur (le salarié ne payant que 40 % ou 50 % de la valeur faciale du titre). Cette ventilation se trouve très clairement affichée sur le bulletin de salaire.

La réalité dans les cabinets

Malgré ses indéniables avantages, il nous a été difficile de trouver des praticiens utilisateurs du système ! Notre enquête nous a démontré que le ticket resto n'est pratiquement pas utilisé dans les cabinets dentaires. Pourtant lorsqu'ils sont interrogés, les praticiens voient dans les tickets restos une « bonne option ».

Le Dr Philippe Heraud du cabinet dentaire Sextius à Aix-en-Provence a adopté ce procédé depuis presque dix ans : « J'ai fait moi-même la démarche de proposer les titres-restaurants à mes assistantes, explique-t-il. Il n'y a aucune contrainte administrative, le comptable s'occupe de tout. Pour le cabinet, c'est complètement transparent. Compte tenu du coût du repas en ville, nous avons opté pour un montant supérieur à 2 € au-dessus de la moyenne. Les titres sont distribués chaque début de mois et sont considérés, avec le temps, comme de l'argent liquide. Je connais en effet très peu de confrères qui ont opté pour ce système. »

Ignoré plus que boudé

Certains praticiens ont pris des habitudes qui ont persisté. Le Dr Simon Gurian près de Grenoble avoue qu'il s'est intéressé au titre restaurant, mais qu'il n'a jamais pris le temps de vraiment y adhérer : « À force de remettre au lendemain cette tâche administrative, j'ai laissé perdurer un paiement par mensualisation auprès du restaurateur où se rendait mon assistante. J'ai toujours eu confiance en elle et j'ai toujours réglé ses repas au mois. Lorsque l'habitude a été prise, il a été difficile de revenir en arrière. Je consens actuellement environ 300 € par mois. L'adoption des titres-restaurants serait beaucoup plus économique ! » Comme pour de nombreux autres praticiens, le temps à investir dans la mise en place du système est pressenti comme un frein.

Pourtant, l'assistante ou le comptable du cabinet peuvent s'occuper de la réalisation et de la mise en place des tickets. Les simples renouvellements prennent moins de cinq minutes via Internet. La raison de ce manque d'enthousiasme semble bien être en rapport avec un manque d'information ou même une désinformation ; selon Marie-Laure, praticien en Haute-Savoie : « Seules les entreprises de plus de 10 salariés y ont droit, me semble-t-il. Et je pense que les restaurateurs de la ville ne les acceptent pas tous ». D'autre part, les cabinets dentaires sont très peu démarchés par les quatre émetteurs de titres-restaurants. Demandez une visite par l'un des émetteurs et laissez la procédure se faire simplement. Tout le monde y gagnera.

Archives / Lu dans le n°74, janvier 2010

Une pratique très répandue

Le titre-restaurant permet chaque jour à plus de 2 500 000 salariés de se restaurer librement à l'heure du repas dans plus de 164 000 établissements affiliés. Pourtant, les cabinets dentaires, comme l'ensemble des professions libérales continuent de ne pas en profiter.

1 142 € : c'est en moyenne l'équivalent des ressources complémentaires en titres-restaurants (la partie employeur) que pouvait percevoir en 2009 un salarié travaillant à temps plein (220 jours de travail en moyenne x 5,19 €).

2 150 € : c'est en moyenne le montant qu'il aurait fallu dépenser (charges sociales et fiscales salariales et patronales comprises) pour augmenter ce salarié du même montant en salaire net.

Ce qu'en dit la convention

Selon la convention collective nationale des cabinets dentaires nº 3255 (titre I - article 1.10), à la demande du salarié, un chèque repas pourra lui être attribué par journée complète de travail. La participation du chirurgien-dentiste employeur aux chèques repas sera de 50 % de la valeur du chèque dont le taux révisable peut varier selon la législation en vigueur.

Un acquis social incontesté

Le titre-restaurant est perçu par 82 % des actifs français comme un acquis social. Bien qu'il ne doive pas être pris comme un complément de salaire par l'employeur, il est considéré comme un revenu complémentaire pour 63 % des salariés. D'autre part, il contribue à favoriser la conciliation entre vie privée et vie professionnelle en apportant choix et diversité :

  • 84 % considèrent qu'il offre un large choix d'enseignes de restauration ;
  • 64 % reconnaissent qu'il favorise la convivialité entre collègues ;
  • 52 % estiment qu'il permet d'avoir une alimentation saine et équilibrée.