Demain plus que des femmes ?

Elles étaient 32 % en 2000, 35 % en 2006, les femmes chirurgiens-dentistes représentent en 2013 40 % du total des praticiens. Et la féminisation de la profession ne va pas s’arrêter là. D’après les différents scénarios, elles seront de 45 % à 60 % en 2030, un taux qui tendra ensuite à se stabiliser. Qui sont les praticiennes d’aujourd’hui ? Quel regard portent-elles sur leur métier ? Le regard que l’on porte sur elles a-t-il évolué ? Réponses et pistes de réflexion…

Des patients parfois encore méfiants

Entre praticiens de sexe opposé et dans le cadre du cabinet, les relations ont en général toujours bien fonctionné. Entre confrères, elles ont rarement ressenti de sexisme ou de manque de considération pour leur fonction. Et s’il peut arriver qu’une femme praticienne doive faire preuve de plus de crédibilité sur ses compétences, c’est en général surtout envers ses patients, quelques-uns ayant pu parfois être réticents à être soignés par une femme : « Il m’a fait bien comprendre que je n’avais pas à être à ce poste-là » se souvient l’une d’entre elles. Régulièrement prises pour les assistantes, les praticiennes ont eu du mal à se faire une place, mais comprennent qu’un patient puisse faire le choix d’être soigné par un homme plutôt qu’une femme. Mais dans la mesure où il s’agit du libre-choix de chacun, il est rare d’être confronté à un patient qui refuse de se faire soigner par une femme dans la mesure où il choisira certainement directement un praticien homme s’il le désire.

Concilier maternité et cabinet libéral

Être organisée, voilà bien le maître mot de ces femmes qui ont choisi d’exercer en libéral sans pour autant délaisser leur équilibre familial. De nombreuses praticiennes rapportent qu’on leur avait laissé entendre que le choix du métier de chirurgien-dentiste était adapté à leurs souhaits : être son propre patron, avoir une grande souplesse, ne pas avoir les contraintes de gardes et d’astreinte d’un médecin… Nombre d’entre elles ont vite déchanté. Et les congés de maternité constituent des étapes délicates de leur carrière. Toutes les praticiennes interrogées ont généralement quitté très tard leurs fonctions avant la naissance de leurs enfants et repris très tôt. Il n’est pas rare de voir des praticiennes travailler jusqu’à 15 jours avant leur terme.

Quelques témoignages

« J’ai quelques patients qui refusent d’être soignés, mais il m’est difficile d’affirmer que c’est parce que je suis une femme, je suis aussi noire, grande et sportive. »

DR REINE DANIELLEN ZUGANG Bordeaux

« Épouse de chirurgien-dentiste, j’ai souvent été considérée comme une assistante dentaire. On ne prenait pas en considération nos diplômes identiques. J’étais la femme du dentiste. »

DR ANNE BECART Lille

« Ce que j’aime beaucoup dans notre profession : on doit manager comme un homme et soigner comme une femme. Subtilité de l’équilibre yin/yang ? »

DR CATHERINE ROSSI Paris

Lire le dossier complet sur les femmes dentistes dans Indépendentaire 112 de novembre 2013.