Répercussions cliniques des propriétés mécaniques des composites bulk-fill

restauration

L’utilisation de ces matériaux permet de réduire le temps de mise en œuvre, cependant l’apparente simplification du protocole ne doit pas occulter la rigueur nécessaire à la pose d’un composite étanche et pérenne.

INTRODUCTION

Les restaurations en méthode directe par résines composites connaissent un nouvel essor depuis quinze ans avec le développement des matériaux à placement de masse dits « bulk-fill ». À la différence des composites conventionnels implémentés par couches de 2 mm, les composites bulk peuvent être mis en place par couches mesurant jusqu’à 4 mm d’épaisseur. Une telle caractéristique est notamment permise par la translucidité augmentée des matériaux, l’inclusion de photo-initiateurs plus sensibles et l’augmentation de la proportion de relaxateurs de tension dans leur composition [1]. L’utilisation de ces matériaux permet de réduire le temps de mise en œuvre clinique de la restauration, cependant l’apparente simplification du protocole d’utilisation ne doit pas occulter la rigueur nécessaire à la pose d’un composite étanche et pérenne dans le temps.
En effet, si le facteur cavitaire n’est pas pris en compte, ou encore si le temps de photopolymérisation optimal n’est pas respecté, une rétraction de prise peut survenir, entraînant un défaut d’étanchéité marginale. Il existe sur le marché deux grandes familles de composites bulk-fill selon leur viscosité ; (Fig.1) : les composites fluides, de faible viscosité, et les composites à haute viscosité, dits condensables. Les premiers nécessitent un recouvrement occlusal par une couche de composite non fluide (qu’il soit conventionnel ou bulk) alors que les seconds peuvent être mis en place sans qu’il soit nécessaire de les associer à un autre biomatériau ; (Fig.2 et 3). L’objectif de ce travail est d’évaluer les répercussions cliniques des propriétés mécaniques des composites bulk-fill.

DURETÉ ET OCCLUSION

La dureté est la capacité d’un matériau à résister à une déformation plastique d’indentation, c’est-à-dire la résistance qu’un corps oppose face à une déformation locale sous charge. Il existe différentes formes de tests de dureté selon la morphologie de la pièce d’indentation et les charges appliquées. Les plus connus sont les essais de dureté Vickers (VHN : Vickers Hardness Number), Brinnel, ou encore Knoop (KHN : Knoop Hardness Number). Pour les composites dentaires, la dureté peut varier selon le degré de polymérisation, les finitions et le polissage en surface. Par exemple, si le ratio Vickers VHN est supérieur à 80 %, le matériau est alors estimé suffisamment polymérisé.

Cependant la dureté Vickers varie en fonction du type de composite bulk. Selon les fabricants, les composites bulk-fill de haute viscosité sont plus durs que les bulk-fill fluides. En effet, la dureté des composites est influencée par leurs taux de charge, or les composites fluides ont une charge minérale fortement réduite (68 % en poids, 45 % en volume, 40 VHN pour le SDR - Dentsply Sirona) par rapport à celle des composites non fluides (80 % en poids, 60 % en volume, 62 VHN pour le Tetric EvoCeram Bulk Fill - Dentsply Sirona) [2]. À titre de comparaison, la dureté de l’émail a une valeur comprise entre 240 et 440 VHN et celle de la dentine est de l’ordre de 50 à 87 VHN. Cela revêt un intérêt clinique majeur pour accorder les duretés des tissus dentaires et des biomatériaux notamment lors des réglages occlusaux puisqu’une même dent peut entrer en contact avec des tissus antagonistes sains et des restaurations ; (Fig.4 et 5).

Différentes études ont d’ailleurs évalué la dureté des composites bulk (fluides et non fluides) en les comparant aux composites conventionnels. Cela a permis de déterminer en 2014 le classement de dureté Vickers suivant : composites bulk- fill fluides et non fluides ≤ composites fluides conventionnels < composites conventionnels non-fluides.
 

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