Bruxisme : signes cliniques et proposition thérapeutique

OCCLUSODONTOLOGIE

Qui est le premier responsable de la disparition des dents de nos patients ? Les caries ? Les parodontites d’origine microbienne, immunitaire et génétique, ou le bruxisme ?

Le bruxisme partage le quotidien de tous les odontologistes quelle que soit leur spécialité ou leur orientation thérapeutique mais aussi le quotidien des médecins ORL, pédiatres et généralistes, des ostéopathes, kinésithérapeutes et orthophonistes. En odontologie, le bruxisme est omniprésent mais très mal connu, quotidien mais souvent ignoré, responsable et coupable mais rarement inculpé.

En 2019, nous savons tout sur la carie dentaire, son origine, son développement, son traitement (à présent esthétique en supplément) ainsi que sur le traitement de ses complications. Nous avons et dispensons toutes les informations au sujet de la prévention de la carie et avons même connu une génération d’individus qu’hygiène et fluor ont préservés de la carie. En 2019, nous connaissons de nombreux éléments au sujet des parodontites, leur aspect microbiologique, immunitaire et génétique.
Les traitements des parodontites sont codifiés de longue date même si aujourd’hui certaines données admises depuis 35 ans connaissent une relative remise en cause. En 2019, l’alignement esthétique des dents est devenu monnaie courante, les techniques sont performantes et raisonnables. En 2019 nous ne pouvons pas éviter les traumatismes dentofaciaux, fracas dentaires et maxillaires.

En 2019, malgré tout notre arsenal thérapeutique et préventif, nos patients continuent à perdre des dents, nous le constatons chaque jour. Nous remplaçons de façon toujours plus satisfaisante, durable, confortable et esthétique les dents disparues mais ne sommes pas capables d’enrayer l’hécatombe. Qui est le premier responsable de la disparition des dents de nos patients ? Les caries ? les parodontites d’origine microbienne, immunitaire et génétique ou le bruxisme ?

Le bruxisme fait partie du quotidien de diverses spécialités médicales en raison des troubles musculo-squelettiques qu’il peut induire à distance de la cavité buccale mais :

• qui consulte son chirurgien-dentiste car il souffre de douleurs dans l’oreille, douleurs facilement attribuées à une otite ?,
• qui consulte son chirurgiendentiste car il souffre de douleurs insupportables dans le cou, la nuque et tout le haut du dos ?,
• qui consulte son chirurgien-dentiste car il souffre de maux de tête très fréquents, invalidants et redoutés, les tristement célèbres céphalées de tension ?,
• qui consulte encore son chirurgiendentiste parce qu’il fait des fausses routes quotidiennes, chaque soir au coucher ou pendant les repas et dont l’oncle est décédé pour cette raison ?
• qui consulte un chirurgien-dentiste pour lui rapporter la mobilisation obligatoire du personnel dans les réfectoires des EHPAD à l’heure du repas pour intervenir chaque jour devant les multiples fausses routes responsables d’un très grand nombre de pneumonies d’aspiration ?

Devons-nous encore nous satisfaire de la panoplie des dentifrices anti-sensibilité pour soulager 30 à 40 % de nos patients qui souffrent d’hypersensibilité dentaire ou faut-il chercher la cause de telles sensibilités ? Puis-je déjà ici soulever le problème de la disparition inexpliquée angoissante et dramatique de nos beaux implants bien conçus et bien placés, bien équipés de belles prothèses bien fabriquées, équilibrées, entretenues et astiquées ?

Pour Wetselaar et Lobbezoo [1], c’est le résultat inesthétique de l’usure des dents du sourire qui est le principal motif de consultation des patients pour cause de bruxisme ; c’est le bruxisme qui use les dents ; (Fig.1), ce n’est pas la mastication. La restauration des dents usées est un sujet totalement actuel, les techniques de restauration proposées sont particulièrement précises, sophistiquées et efficaces et les résultats obtenus sont superbes mais ces techniques ne font que réparer transitoirement les dégâts. Il me paraît important de tenter d’éviter l’apparition de ce type de complications en essayant de comprendre l’étiologie du bruxisme.
Mais que savons-nous du bruxisme ?
 

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