L’implantologie simplifiée, pourquoi, comment ?

clinique

 

Chirurgie sans lambeau, prise d’empreintes facilitée : présentation de procédures de traitements qui s’affranchissent de la complexité.Définition du mot « simple » : qui est constitué d’un petit nombre d’éléments qui s’organisent de manière claire. Qui est facile à comprendre, à suivre, à exécuter, à appliquer.

1 - Poser le problème

Je suis un omnipraticien et je pose en moyenne 250 implants par an. Une centaine pour les patients que je traite dans le cadre de ma propre activité et 150 pour des omnipraticiens correspondants, à qui je renvoie le patient après avoir vérifié l’ostéointégration des implants et qui se chargent de réaliser les prothèses implanto-portées dans leur cabinet.

Malgré mes encouragements, peu de ces correspondants franchissent le pas de poser eux-mêmes des implants. Bien qu’ils soient familiarisés avec la prothèse implantaire depuis au moins dix ans, la partie « chirurgicale » leur semble complexe. À l’analyse des freins qui les retiennent, on note : l’enseignement de l’implantologie dans le cursus universitaire français ne permet pas aux étudiants d’être autonomes en ce domaine bien que leur diplôme en offre la capacité. Ils doivent alors se former en suivant un 3 e cycle universitaire très sélectif, au sein de formations privées, par des formations de sociétés commerciales ou par compagnonnage.

La littérature professionnelle spécialisée, de son côté, met souvent en avant des situations complexes auxquelles on répond avec des solutions complexes, mises en œuvre par des équipes très entraînées et cela montreune implantologie de haute qualité, mais marginale, qui ne répond pas à l’immense majorité des préoccupations des patients et des confrères.

La vision « grand public » de l’implantologie n’est pas simple non plus. Il suffit pour s’en convaincre de taper « implant dentaire » sur un moteur de recherche, comme le font de nombreux patients, et de lire les dix premiers articles. Si ces informations semblent pertinentes à un professionnel de la santé bucco-dentaire, on peut se demander quels renseignements en extraira un patient. J’y retiens les expressions : fiable à 95 %, scanner obligatoire, asepsie chirurgicale, deuxième intervention, greffe osseuse, venir accompagné, alimentation molle, prémédication contre la douleur… Il est facile d’imaginer l’effet produit sur un patient hésitant ! Les tarifs pour une dent implanto-portée varient sur ces sites de +/- 1 500 € à 2 500 €, soit la fourchette du salaire mensuel moyen français.

Pourtant, depuis trente ans le traitement par des prothèses implanto-portées est devenu une solution fiable dans tous les cas de figure. Les patients traités sont souvent le meilleur vecteur de publicité, par le bouche-à-oreille. Ceux qui ont tenté l’expérience sont souvent prêts à recommencer… et à recommander cette solution. Présenter aujourd’hui les traitements implantaires de façon simple et économique est possible et nécessaire. Les procédures de pose sont réduites au minimum, les procédures prothétiques sont facilitées et l’usage de fournitures économiques sans concessions à la qualité permet de proposer des tarifs beaucoup plus attractifs.

2 - À l’origine

Nous avons posé nos premiers implants en 1994. Les règles qui prévalaient alors étaient de s’approcher le plus possible de l’asepsie chirurgicale préconisée dans les blocs opératoires hospitaliers. Lavage des mains 7 minutes à la Bétadine, puis vêtir une casaque stérile, coiffe, masque, sur-chaussures, gants. Isolation du fauteuil avec un revêtement stérile, comme toutes les surfaces environnantes, les poignées de scialytique, etc. Pour la préparation du patient : badigeonnage de son visage, couvert de champ stérile de la tête aux pieds. L’accès au site osseux se faisait par un lambeau largement décollé, parfois suturé aux tissus voisins pour maintenir un champ visuel maximal. Les implants étaient enfouis et cela nécessitait une seconde intervention 4 à 6 mois plus tard. Lors des empreintes plurales, il était conseillé de solidariser les transferts entre eux à la résine. On plaçait alors des prothèses scellées ou transvissées en sous-occlusion et d’une surface réduite pour limiter les forces. Le concept d’un implant par dent prévalait (pas de bridges) ; il fut même question d’un implant par racine.
 

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