Le cabinet dentaire à l’ère du flux numérique

 
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Imagerie, CFAO, implanto… le numérique a envahi la salle de soins au plus grand bénéfice du praticien, de ses partenaires et du patient.

C’est par l’imagerie que tout commence
C’est par l’imagerie que le numérique est entré il y a 35 ans déjà dans le cabinet dentaire : le numérique, en ce qui concerne l’imagerie du moins, représente déjà la norme, incontournable. Qui imaginerait aujourd’hui devoir recourir aux chambres noires et aux différentes manipulations et produits que requiert l’imagerie argentique ?
L’imagerie au cabinet fait appel à une imagerie sectionnelle, des radiographies intra-orales ou panoramiques, des scanners, de la tomodensitométrie volumique par faisceau conique ou cone beam (CBCT, cone beam computed tomography), ou des IRM. L’amélioration progressive de la résolution des dispositifs numériques a permis d’égaler (voire de dépasser) la qualité des clichés argentiques traditionnels.
Le marché évolue vers des machines dites « low radiation », diffusant moins de rayons pour des examens plus rapides mais tout aus-si précis. Il convient de respecter le principe de la radioprotection Alara (acronyme de l’expression anglophone : « as low as reasonably archievable »). Les données d’imagerie sont enregistrées au format universel Dicom ou STL. Connaître le fonctionnement des formats de fichiers du standard Dicom (pour Digital imaging and communications in medicine) ou STL (de STéréoLithographie, standard industriel de la modélisation de pièces pour la production par procédés additifs, utilisant une représentation 3D par triangulation) permet de mieux choisir son matériel (ou logiciel d’imagerie) en fonction de ses besoins, de la communication avec ses partenaires. La norme Dicom est utilisée dans la plupart des institutions de santé dans le monde où l'imagerie du patient est pratiquée. La plupart des dispositifs d’imagerie et des produits de systèmes informatiques liés à l’imagerie la prend en charge. Dans l’informatique de santé, les normes internationales abordent l’échange d'images numériques et des informations associées entre l'équipement d'imagerie médicale et les systèmes concernés par la gestion de ces informations.

La CFAO au cœur
Depuis son invention il y a 30 ans, la CFAO (Conception et fabrication assistée par ordinateur) ou CAD/CAM (Computer assisted design et computer assisted manufacturing) a profondément changé le paysage de la dentisterie. Pourtant, malgré les premières avancées permises par les travaux de François Duret en 1987 et son développement rapide ces 10 dernières années, le nombre de dentistes convertis à la dentisterie numérique en France reste assez peu élevé par rapport à nos voisins européens.

Reste que les étudiants en dentaire intègrent désormais la CFAO à leur parcours : une formation à Montpellier porte même le nom du Pr François Duret. La CFAO se décompose en trois grandes étapes : une première qui consiste en l’acquisition des données avec une prise d’empreinte au moyen d’une caméra optique (ou sur le scan de modèles en plâtre obtenus depuis une empreinte conventionnelle) ; suit une phase de conception assistée par ordinateur (CAO) ; la dernière étape tient dans la fabrication à proprement parler, assistée par ordinateur (FAO).

Il existe deux grandes familles de procédés de fabrication : additive et soustractive.

  • Par soustraction (par enlèvement de matière) : Usinage généralement par fraisage
  • Additive (par ajout de matière)

Prototypage rapide (PR) : L’impression 3D est l’appellation grand public de tous les procédés de fabrication additive. Les plus connus sont la Stéréolithographie, la FDM et la MFM.

La FDM (Fused Deposition Modeling) est la technique qui consiste à chauffer un filament de polymère thermoplastique qui sera déposé à travers une buse couche par couche pour former l’objet désiré.
La stéréolithographie par photopolymérisation ou SLA (StéréolithographieApparatus) consiste à la polymérisation progressive d’une résine spéciale sensible au traitement par rayon laser. À la fin de chaque couche solidifiée, le laser continue à chauffer la résine liquide qui polymérise et durcit jusqu’à former l’objet complet.
La micro-fusion laser ou Fusion Laser (MFM) est la technique la plus utilisée pour faire des pièces métalliques. Elle offre un bon compro-mis entre précision et dimensions.

La CFAO a ouvert l’ère de la dentisterie moderne, modifiant l’exercice du praticien : la maîtrise de nouvelles techniques nécessite une phase d’apprentissage préalable, la manipulation de nouveaux matériaux autres que les alliages métalliques sous forme de blocs et de disques avec leurs propriétés, indications et limites, et de nouveaux outils de travail concernant la chaîne CFAO complète : de la caméra intra-orale ou le scanner d’empreinte (élastomère silicone ou alginate) à la machine-outil à commande numérique (MOCN) en passant par les logiciels de modélisation 3D.

La CFAO a aussi révolutionné les biomatériaux utilisés en odontologie qui permettent aujourd’hui des restaurations plus biocompatibles ou esthétiques et donc biomimétiques, notamment avec un large panel de matériaux céramiques et composites qui s’offrent aux praticiens. Enfin, la CFAO permet un gain de temps et de productivité considérable. La communication avec le patient est également facilitée grâce au flux de données numériques. Un meilleur confort pour les deux parties est garanti, notamment grâce à l’élimination de l’étape d’empreinte alginate ou silicone qui est souvent jugée trop agressive par les patients. Enfin, la CFAO au cabinet permet de valoriser le travail du praticien et de conférer au cabinet une image moderne, à la pointe de la technologie.

Les laboratoires ne sont pas en reste, parallèlement, depuis une dizaine d’années, le numérique a investi leur quotidien sous forme de scanners d’acquisition. Depuis de nombreuses années, ils numérisent les empreintes une fois celles-ci coulées, scindées, les préparations détourées et les limites définies. L’industrie offre des machines-outils d’une précision tout à fait performante pour permettre l’usinage direct d’armatures prothétiques. L’avènement de nouveaux matériaux usinables ou imprimables ouvre largement le champ des possibles. Les prothésistes sont donc expérimentés à l’utilisation du numérique tant pour l’acquisition que pour le design.

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