Implants courts : alternative à la régénération osseuse

Implants

Chez les patients souffrant d’atrophie des maxillaires, les implants courts sont indiqués pour les réhabilitations partielles et totales moyennant une hauteur osseuse résiduelle minimum adéquate.

Cet article a pour objectif d’évaluer l’état de l’art actuel concernant la gestion chirurgicale des atrophies osseuses verticales des maxillaires en vue de la réalisation d’une réhabilitation prothétique fixe, et de proposer des lignes directrices et des indications cliniques spécifiques à l’utilisation d’implants courts.

Résultats
L’utilisation des implants courts représente aujourd’hui un traitement plus rapide, moins onéreux et réduisant la morbidité par rapport aux implants de longueur standard posés sur un os greffé.

Conclusions
À l’heure actuelle, les implants courts peuvent représenter une alternative fiable, préférable aux approches chirurgicales reconstructrices et régénératrices.

1- Introduction
L’édentement des maxillaires est une situation clinique encore très fréquente de nos jours. Les patients concernés peuvent être réhabilités grâce au port d’une prothèse amovible. Mais bien souvent cette dernière n’offre pas une fonctionnalité et une stabilité idéales. Aussi, elle est souvent mal acceptée sur le plan psychologique. La réalisation d’une prothèse fixe implanto-portée représente donc une indication séduisante.

Le principal obstacle lié à cette option thérapeutique est l’insuffisance de volumes osseux nécessaires pour poser correctement des implants de longueur conventionnelle. Cette atrophie peut être due à la perte précoce des dents, à une maladie parodontale, à l’utilisation prolongée de prothèses amovibles, à des agénésies et/ou des traumatismes. Le défaut osseux peut s’exprimer sur le plan vertical, horizontal ou les deux. Il peut affecter le maxillaire supérieur et/ou la mandibule et toucher un maxillaire entier ou seulement une partie. Les différentes situations cliniques en termes de perte osseuse ont été classées par Seibert du plus bas au plus haut degré d’atrophie. La typologie d’atrophie prise en compte dans notre article sera l’atrophie osseuse verticale (Classe II de Seibert), c’est-à-dire, les situations cliniques caractérisées par une largeur osseuse adéquate mais une hauteur osseuse insuffisante.

Pour une réhabilitation fixe sur ce type d’atrophie, le traitement peut être envisagé par une approche chirurgicale re-constructrice/régénératrice ou par l’utilisation de l’os natif résiduel comme unique élément d’ancrage avec des implants adaptés à la hauteur d’os. Aussi, nous proposons ici d’évaluer l’état de l’art actuel concernant la gestion chirurgicale des atrophies osseuses verticales des maxillaires en vue de la réalisation d’une réhabilitation prothétique fixe, et de proposer des lignes directrices et des indications cliniques spécifiques à l’utilisation d’implants courts.

2- Matériel et méthodes
Une étude générale sur les approches chirurgicales mises en œuvre auprès de patients souffrant d’atrophies verticales des maxillaires a été réalisée à partir de la littérature récente, de preuves scientifiques et d’évaluations cliniques des auteurs. Puis une analyse sur l’utilisation des implants courts a été menée, en prêtant une attention particulière à leur fiabilité, leurs inconvénients et leurs avantages.

2.1 La chirurgie reconstructrice/régénératrice dans les maxillaires présentant une atrophie verticale
L’idéal, en cas d’atrophies verticales, serait de pouvoir restaurer les volumes osseux avec des résultats stables et prévisibles dans le temps. Ce qu’on appelle la « reconstruction osseuse » est un terme générique qui comprend de nom-breuses techniques chirurgicales et utilise une variété de biomatériaux en fonction des indications (basées sur les principes biologiques d’ostéogénèse, ostéoinduction et ostéoconduction). Les greffes autologues sont, à l’heure actuelle, encore considérées comme le « gold standard ». Les prélèvements osseux sont effectués sur un site adjacent du patient en fonction des besoins en termes de quantité et/ou de typologie osseuse. On parle de greffes hétérologues ou xénogreffes lorsque le tissu osseux est d’origine animale. Enfin, les approches osseuses reconstructrices ne seront pas les mêmes pour une atrophie affectant le maxillaire supérieur ou une atrophie affectant la mandibule.

Maxillaire supérieur
Au maxillaire, la principale limite anatomique à la pose d’implants de longueur conventionnelle est la présence du sinus. Cette cavité favorise un processus physiologique de pneumatisation qui, après la perte des éléments dentaires postérieurs, s’accentue au fil des ans. Ce processus est souvent associé à la contraction verticale de la crête alvéolaire qui peut concerner tant les secteurs postérieurs qu’antérieurs. L’atrophie verticale qui se configure ainsi peut toucher tout un maxillaire ou une partie seulement, souvent selon le degré d’édentement. De nombreuses techniques d’augmentation osseuse verticale ont été proposées au fil des ans pour traiter le maxillaire supérieur. Mais le sinus lift, la greffe osseuse d’apposition de bloc (onlay) et la régénération osseuse guidée (ROG) verticale restent les plus utilisées. Notons que les greffes en onlay et la ROG sont généralement indiquées en cas d’atrophie associée à une augmentation de la distance de l’interarcade.

L’onlay prévoit la fixation rigide d’un bloc osseux sur le site receveur avec des vis d’ostéosynthèse. Pour ce faire, il est fréquent d’effectuer un prélèvement osseux autologue intra ou extraoral nécessitant un deuxième acte chirurgical qui entraîne l’augmentation de la morbidité postopératoire de la zone donneuse. Le recours à cette technique peut être aussi limité par la quantité d’os disponible sur le lieu du prélèvement. Et dans la littérature, l’utilisation de blocs d’os hétérologue associée à cette technique reconstructrice ne semble pas donner de résultats particulièrement encourageants. De plus, cette dernière comprend des complications, la plus répandue étant la déhiscence des lambeaux avec l’exposition de la greffe qui peut conduire à la nécrose de cette dernière et, in fine, à l’échec de la procédure reconstructrice. D’autre part, du point de vue physiologique, la greffe onlay subit généralement une contrac-tion volumétrique importante due au remaniement osseux.

Pour lire l'intégralité de cet article Dentoscope n°198, abonnez-vous gratuitement ici ou connectez-vous à votre espace