Prendre en charge la sécheresse orale

Prendre

Présentation clinique de cette affection, depuis son diagnostic jusqu’à sa prise en charge clinique.

La sécheresse orale est un terme généraliste qui se réfère à la notion de bouche sèche. Au niveau sémiologique, on distingue la xérostomie qui est le symptôme traduisant l’impression de bouche sèche sentie par le patient et l’hyposialie qui est le signe clinique objectivant la diminution ou la modification quantitative de la salive.

La grande majorité des situations de sécheresse orale qui conduisent le patient à consulter sont principalement des sécheresses chroniques définies par une évolution d’au moins trois mois. Cette mise au point se concentre sur cette présentation clinique depuis son diagnostic jusqu’à sa prise en charge clinique.

Physiopathologie et étiologie
Trois mécanismes physiopathologiques peuvent expliquer une hyposialie

  • un déficit en eau et/ou en métabolites,
  • une atteinte des glandes salivaires,
  • une dysfonction du contrôle nerveux de la salivation.

Les étiologies fréquemment retrouvées sont :

  • d’origine iatrogène : médicamenteuse (traitements anticholinergiques et sympatho-mimétiques comme les psychotropes, les opiacés, certains cardiotropes…), ou encore la conséquence de thérapeutiques utilisées en oncologie (irradiation cervico-faciale, maladie du greffon contre l’hôte),
  • d’origine dysimmunitaire : un syndrome de Gougerot-Sjögren, une sarcoïdose,
  • d’autres étiologies : diabète, déshydratation extracellulaire et intracellulaire, une maladie neurologique, un épisode dépressif majeur…

Il est à noter que la stomatodynie est une cause fréquente de xérostomie sans hyposialie objectivée.

Les facteurs favorisants sont la respiration buccale, le stress, la consommation de tabac, d’alcool et de caféine. Compte tenu de ces étiologies, la xérostomie touche plus volontiers les femmes ménopausées et les personnes de plus de 65 ans. Les personnes âgées sont les plus exposées du fait du vieillissement physiologique des glandes salivaires auquel s’associent des pathologies et des polymédications inductrices.

Diagnostic
L’approche diagnostique d’une sécheresse orale devra objectiver l’hyposialie, en évaluer les complications et identifier l’étiologie par un examen clinique complété si besoin d’examens complémentaires.

Examen clinique
L’interrogatoire médical doit permettre un relevé rigoureux des antécédents et des traitements pris afin d’identifier les maladies (maladie auto-immune…) et thérapeutiques (irradiation cervico-faciale, psychotropes…) pourvoyeuses de sécheresse orale. Il recherchera aussi des signes d’atteintes systémiques : xérophtalmie, asthénie, arthromyalgies… orientant vers une maladie auto-immune de type Gougerot-Sjögren.

Concernant la xérostomie et ses conséquences, le patient rapporte fréquemment une sensation d’inconfort au cours des différentes fonctions orales avec notamment une gêne à l’alimentation solide, une sensation de bouche collante avec une salive visqueuse, filante, mousseuse ou pâteuse.

Des signes associés peuvent aussi être évoqués tels qu’une dysgueusie, une sensation de brûlure, des hypersensibilités dentinaires, une difficulté au port de prothèse amovible. Il faudra aussi évaluer la sévérité de la sécheresse par son impact sur la qualité de vie. Le questionnaire de Fox et al. peut constituer une aide au diagnostic 

L’examen clinique permet d’authentifier l’hyposialie et d’évaluer les complications :

  • par des signes directs comme l’absence de salive au niveau des orifices parotidiens et submandibulaires lors de la pression des glandes salivaires correspondantes, une adhérence des gants ou du miroir aux tissus
  • par des signes indirects, il s’agit alors d’en évaluer les complications locales au niveau dentaire, muqueux et des glandes salivaires. Il convient de rechercher une halitose, une augmentation de la plaque dentaire, des caries du collet, des déminéralisations et érosions amélaires, une inflammation gingivale, une muqueuse atrophique, une langue fissurée lobulée dépapillée, une chéilite exfoliative, des perlèches, des candidoses orales à répétition, une hypertrophie chronique des glandes salivaires et des infections des canaux excréteurs.

Pour lire l'intégralité de cet article Dentoscope n°199, abonnez-vous gratuitement ici ou connectez-vous à votre espace