Les bridges collés avec une seule ailette

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D’une approche exotique à une technologie de pointe, cette solution, alternative aux implants, offre plusieurs avantages.

Les bridges collés avec une seule ailette se sont convertis d’une option de traitement exotique à une véritable alternative pour les implants. Les avantages par rapport au Maryland bridge classique e al avec deux ailettes peuvent être démontrés sur la base de preuves solides. Le patient bénéficie du fait que le nombre de dents à préparer est considérablement réduit, passant de deux à une seule, d’un accès simplifié pour le nettoyage, d’un meilleur pronostic à long terme et, en fin de compte, des coûts nettement inférieurs à ceux du traitement implantaire. Dans cet article, la documentation pertinente disponible sur le sujet est présentée afin de fournir plus de preuves au clinicien souhaitant opter pour cette solution de traitement. Les différents exemples d’application illustrent certaines options de restauration prothétique minimalement inva-sive avec un bridge collé avec une seule ailette. Un cas clinique a été choisi qui va au-delà de la conception fonctionnelle classique d’un bridge collé pour démontrer la stabilité du collage, même en cas de charges accrues. Le cas présenté ici est, au moment de la rédaction, en service clinique depuis plus de deux ans.
Selon la DGPro (Association allemande de la prosthodontie et des biomatériaux), les bridges collés à une seule ailette fabriqués à partir de céramo-céramique ne sont recommandés que dans le secteur antérieur. Cependant, ils doivent aujourd’hui être considérés comme « une option de traitment où les indications adéquates soient réunies ». La ligne directrice considère un « important consensus d’opinion » basé sur la littérature citée, ce qui correspond à une approbation de plus de 95 % de la part des personnes impliquées dans le consensus et, avec un niveau de preuve de 2+ (« études de cas témoins ou de cohortes bien menées avec un faible risque de confusion ou de biais et une probabilité modérée que la relation soit causale »), le niveau moyen de recommandation « B ». Les niveaux de recommandation existants sont A, B et 0.

RÉSULTATS D’ÉTUDES

Ces recommandations se basent sur des résultats d’études réalisées sur des bridges collés à une seule ailette avec un taux de survie de 94 % après 10 ans de prothèses en céramique d’alumine et un taux de survie de 100 % après 5 ans de prothèses en céramique sur zircone. Dans une étude récente (2017), les résultats cliniques sur 10 ans avec un taux de survie de 98,2 % pour les bridges collés à une seule ailette fabriqués à partir de céramo-céramique sur zircone ont été publiés par Kern et al. Les études de Kiel sont soutenues par une autre publication : Sailer & Hämmerle ont également démontré un taux de réussite de 100 % en 2014 dans une étude rétrospective sur les bridges collés à une seule ailette sur zircone sur une période en moyenne de quatre ans. Une remise en place réussie y a toutefois été comptabilisée comme un succès, ce qui s’est produit deux fois dans les études citées.

D’autres résultats impressionnants ont également été publiés en faveur de la variante à une seule ailette en métallo-céramique : dans l’étude rétrospective de Botelho et al sur les bridges collés à une et à deux ailettes à base d’alliage non précieux, il a été possible de documenter des taux de succès et de survie significativement améliorés pour les variations à une seule ailette après 18 ans par rapport aux variantes à deux ailettes basées sur le principe classique « Maryland ».

Entretemps, trois études de haute qualité ont été publiées sur les bridges collés en céramique sur zircone, qui ont connu un taux de succès proche de 100 %. De tels résultats, extrêmement rares dans les études cliniques, doivent attirer notre attention au regard de cette option de traitement peu invasive. En outre, nous pouvons citer deux études de long terme ayant toutes deux démontré la supériorité clinique des bridges collés à une seule ailette par rapport aux bridges à deux ailettes.

L’IMPORTANCE DU PROTOCOLE ADHÉSIF

À partir de ces études, il a été possible de formuler une recommandation fondée sur leur utilisation. Dans une métaanalyse publiée en 2008 sur les bridges collés , les auteurs indiquaient déjà clairement que la perte de rétention due aux défaillances du collage arrive en tête de liste des complications, avec 19,2 % des cas. Cet article révèle également que les bridges collés en céramo-céramique à une seule ailette pourraient être supérieurs aux bridges collés en métallo-céramique à deux ailettes. Les auteurs se réfèrent clairement à l’importance du protocole adhésif et recommandent qu’un temps de traitement supplémentaire soit prévu pour des collages complexes.

Une étude publiée par Tanoue démontre également la complexité de la création d’un lien adhésif suffisant : le taux d’échec est deux fois plus élevé chez les chirurgiens-dentistes inexpérimentés que chez les praticiens expérimentés. Pour cette raison, Sasse et Kern (2014) décrivent les procédures de traitement complexes plus en détail, et cette description sert également de base pour le cas pratique présenté ici. Le département de prosthodontie de Kiel, dirigé par le professeur Kern, pourrait dans une large mesure être responsable du passage des bridges collés à une seule ailette en céramique oxydée d’un usage expérimental de niche à la méthode privilégiée pour le traitement non chirurgical peu invasif des incisives manquantes. Nous recommandons l’analyse documentaire publiée en 2015 par Passia et al. dans la revue DZZ pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce territoire « inexploré » de la prothétique dentaire.

CAS CLINIQUE

Remplacement de la dent 22 par un bridge collé à une seule ailette à la dent 23.
Dans le cas de cette patiente âgée de 64 ans, la deuxième incisive supérieure gauche a dû être enlevée il y a quelques mois pour des raisons parodontales. Après le traitement parodontal des dents restantes alio loco, les deux incisives centrales étaient parodontalement stables, mais avec un degré de mobilité compris entre 1 et 2. Du fait de leur mobilité, les deux incisives centrales ne pouvaient pas être utilisées comme dents de pilier pour supporter le bridge. En revanche, la canine supérieure gauche était stable, sans aucune mobilité, et n’avait pas de profondeur de poche supérieure à 3 mm. En raison d’une expérience préalable d’une greffe osseuse lors d’un traitement implantaire, la patiente n’était pas enthousiaste à l’idée d’avoir une restauration prothétique implanto-portée qui lui était proposée comme option de traitement alternatif valable. Il a été convenu que la méthode de traitement la plus rapide et la moins invasive serait un bridge collé à une seule ailette, collé à l’incisive canine au lieu de l’incisive centrale comme décrit dans les cas mentionnés dans la littérature au début de ce texte.

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