Une patricienne plurielle

cabinet du mois

Dr. Cazenave

"Il n'y a rien de pire que de se forcer pour parvenir à un objectif. Il faut être tenace mais sans s'abstenir. Je ne crois pas au hasard : on sème insconsciemment des petits cailloux sur nos chemins, ils nous guident. »

Le Dr Cazenave n’a que deux certitudes : « pour avancer, il faut apprendre ; pour progresser, il faut pratiquer ». Notre praticienne s’efforce de les appliquer depuis le jour où elle a intégré le CECSMO. Par conscience professionnelle mais aussi par passion. Caroline Cazenave a besoin d’autonomie et sa curiosité intellectuelle lui interdit de s’enfermer dans une technique. « En perfectionnant mes stratégies, j’ai l’impression de me rapprocher de la vérité. » Pour elle, l’appareil orthodontique de demain sera lingual, auto-ligaturant, personnalisable et associé à des mini-vis d’ancrage. Les gouttières de finition seront envisagées par les spécialistes qui éprouvent des difficultés à plier le fil. Et bientôt, selon elle, l’engouement pour les aligneurs va s’atténuer au profit du lingual, « seule véritable orthodontie invisible mais qui doit évoluer vers un minimum de contraintes ». Il devient donc stratégique pour les orthodontistes de se positionner sur ces techniques afin de les proposer à leurs patients. Dans le même temps, anticiper sa communication devient une nécessité, car pour l’heure la demande pour les gouttières reste toujours aussi forte. « L’orthodontie moderne ne se limite pas à cette innovation. D’autres avancées majeures ont révolutionné nos méthodes de travail. Il faut prendre le temps d’expliquer aux patients nos stratégies avec leurs avantages et inconvénients. »

DES CONFÉRENCES POUR AO

« Expliquer les stratégies », c’est exactement ce que fait le Dr Cazenave lors des conférences qu’elle donne pour American Orthodontics. Tout a commencé à la Faculté de Bordeaux. Jean-Luc Haury, le responsable des ventes de la marque AO, décèle la capacité à enseigner de
l’étudiante inscrite en CECSMO. Elle devient d’ailleurs, très vite et sans surprise, assistante hospitalo-universitaire et travaille sur les mini vis d’ancrage avec le Dr François Darqué, maître de conférences des universités - praticien hospitalier à Bordeaux et actuel président scientifique
des Journées de l'Orthodontie.
Jean-Luc Haury invite alors son employeur à proposer des conférences à Caroline malgré son jeune âge. « J’ai longtemps hésité, je ne me sentais pas prête. Pour enseigner il faut avoir de l’expérience, des cas à présenter, du recul sur sa pratique, etc. » Quelques années plus tard, en 2013, elle anime son premier séminaire ; une nouvelle aventure qui ne s’arrêtera plus. Le Dr Cazenave donne régulièrement des cours qui abordent la mise en place d’appareils orthodontiques auto-ligaturants associés à des mini-vis d’ancrage. Un sujet qu’elle maîtrise depuis sa thèse validée en 2002.
« J'essaie surtout de trouver des protocoles simples et reproductibles avec toujours la volonté d'apporter des preuves et de rester scientifique. Toutes les questions que l’on me pose me permettent d’évoluer, de remettre en cause mes choix. Aujourd’hui, j'ai autant de plaisir à travailler au cabinet qu'à enseigner, cela fait partie de mon équilibre. »


UN RYTHME SOUTENU

Tout s’est enchaîné rapidement pour le Dr Cazenave. Après l’obtention de son CECSMO en 2007, elle devient assistante hospitalo-universitaire en
2008. Durant quatre années, elle propose à ses étudiants des cours de bio-mécanique. Parallèlement, elle effectue des remplacements à Brive-la-Gaillarde où exerce son conjoint omnipraticien, lui aussi diplômé de la faculté de Bordeaux. En 2009, elle décide de le rejoindre durablement et de s’installer dans cette commune. « Il s’agit d’un territoire fortement sous-doté en praticiens, notamment en spécialistes. Je n’avais aucune crainte, je savais les patients nombreux, l’obtention d’un premier rendez-vous exige souvent plusieurs semaines d’attente voire des mois ». Le couple fait l’acquisition d’une maison et transforme son rez-de-chaussée en cabinet d’orthodontie. Caroline a toujours grandi en ville, s’installer à la campagne n’est pas son rêve. Mais elle y voit une bonne stratégie pour lancer sa carrière et prévient son mari : « Ok pour la Corrèze mais gardons un pied-à-terre à Bordeaux et profitons de notre temps libre pour voyager ». L’accord est conclu. En mai 2010, le cabinet ouvre ses portes et reçoit ses premiers patients. Secrétariat, stérilisation, soins, gestion des fournisseurs ; la première année, le Dr Cazenave s’occupe de tout. Voyant Depuis son installation à Brive il y a près de dix ans, le temps s’est accéléré pour le Dr Cazenave. La croissance de son cabinet a connu un vif essor
et les conférences qu’elle donne une fois par semaine recontrent un franc succès.
 

Pour lire l'intégralité de cet article Orthophile n°63, connectez-vous à votre espace ou abonnez-vous gratuitement ici.