5 conseils pour (bien) préparer sa retraite

5 conseils pour (bien) préparer sa retraite

Décrypter le régime des retraites et comprendre les conséquences concrètes de la réforme relève de la gageure pour les néophytes. Explications de spécialistes…

L'allongement de l'âge légal de quatre mois par an pour aboutir à 62 ans pour les assurés nés à compter de 1956 fait partie des derniers décrets qui ont sensiblement modifié le fonctionnement des régimes de retraite de base. Le praticien peut partir avant l'âge légal dans le cadre des carrières longues dans le régime de base et non dans le régime complémentaire. Au final, l'âge légal est donc requis. L'alignement des régimes complémentaire et supplémentaire sur l'âge du taux plein du régime de base est en cours de réflexion. Actuellement, les praticiens peuvent partir à taux plein à 65 ans dans ces deux régimes. Si les régimes de retraite complémentaire et supplémentaire s'alignent, ils ne partiront à taux plein qu'à 67 ans. Le suspens demeure sur ce point…

Comment savoir où j'en suis ?

Désormais tous les assurés recevront à leur 35e anniversaire, puis tous les cinq ans, un document appelé relevé individuel de situation (RIS). Il peut être envoyé sur demande à la caisse de retraite une fois tous les deux ans. Ce dossier est un bilan des droits acquis dans chacun des régimes. À 55 ans, puis tous les cinq ans, une estimation indicative globale fournira en plus une évaluation de nos pensions de retraite. Sur Internet, il est possible au quotidien de consulter son relevé de carrière de la Caisse nationale d'assurance vieillesse. Les sociétés privées spécialisées dans le bilan retraite peuvent aussi se charger de vérifier, de calculer et d'optimiser notre future pension.

CONSEIL n°1

« L'envoi d'information fonctionne, mais il ne faut pas la prendre pour argent comptant. Vérifions le plus tôt possible les droits acquis car des erreurs sont possibles…avec une attention toute particulière aux périodes exceptionnelles » , explique Marc Darnault, associé du cabinet de conseil indépendant Optimaretraite. Ce cabinet de conseil indépendant est spécialisé dans le domaine de la vérification, du calcul et de l'optimisation des droits à la retraite. Marc Darnault répond quotidiennement aux réponses de Mieux vivre votre argent, L'Expansion, Management, La Tribune, Challenge ou encore Le Particulier.

Comment se calcule le montant de ma retraite ?

La retraite d'un chirurgien-dentiste est composée d'une retraite de base, d'une retraite complémentaire et, pour les praticiens conventionnés, d'une retraite supplémentaire (Régime de prestations complémentaires de vieillesse). Le régime des prestations complémentaires de vieillesse des praticiens convention-conventionnés fonctionne de manière similaire au régime complémentaire. Ces trois régimes fonctionnent par points. Les cotisations, forfaitaires et/ou proportionnelles aux revenus sont transformées, chaque année, en points. Au moment du départ à la retraite, les points sont transformés en rente selon la formule suivante : Pensions = nombre de points x valeur du point x taux de liquidation. Dans le régime de base, le taux de liquidation dépend de l'âge et du nombre de trimestres validés alors que dans les régimes complémentaire et supplémentaire, il dépend uniquement de l'âge.

CONSEIL n°2

« Tout salaire permet de verser des cotisations pour sa retraite. Sachant que trois mois de travail permettent de valider un trimestre, il ne faut pas négliger aucune période d'activité. Gardons donc précieusement nos contrats de travail, fiches de paie, certificats de travail à l'étranger, livret militaire (90 jours de services ouvrent droit à un trimestre), etc. », énumère Marc Darnault.

Comment bénéficier d'une retraite à taux plein ?

Dans le régime de base, il est nécessaire de totaliser un nombre de trimestres liés à l'âge. Il est de 160 (soit quarante années) pour les natifs d'avant 1949 et augmente d'un trimestre par an pour atteindre 164 trimestres pour un praticien né en 1952. Pour les années de naissance 1953 et 1954, le nombre de trimestres passe à 165. Les chirurgiens-dentistes nés après 1954 devront attendre la sortie des décrets… Le taux plein correspond, en réalité, à un taux maximum de liquidation de 100 %. Dans tous les cas, quelle que soit la carrière, le taux plein est acquis à compter d'un âge qui se calcule facilement : âge légal + 5. Dans les régimes complémentaire et supplémentaire, le seul moyen d'avoir une retraite à taux plein est de partir à 65 ans (attention aux conséquences de l'alignement possible). Dans le cas contraire, une pénalité de 5 % par année d'anticipation est appliquée. À noter que les femmes bénéficient d'une année d'anticipation sans abattement par enfant élevé.

CONSEIL n°3

« Il existe une période favorable pour partir en retraite ! Le nombre de trimestres validés l'année de la liquidation est limité au nombre de trimestres civils travaillés. Ainsi, en partant le 1e avril, vous ne validerez qu'un seul trimestre quel que soit votre revenu. En reportant votre départ au 1er janvier de l'année suivante, vous pourrez en valider trois de plus, souligne Marc Darnault. »

Est-il intéressant de racheter des trimestres ?

Pas forcément ! Les régimes complémentaire et supplémentaire ne pouvant se liquider à taux plein qu'à partir de 65 ans, l'impact du rachat sur ces régimes est nul. Il convient donc de définir son coût réel global et de le mettre en rapport avec le gain global qu'il procure sur chacun de nos régimes de retraite. Repousser le plus tard possible le rachat de trimestres réduit l'incertitude quant au régime par répartition et à notre propre situation. En contrepartie, les conditions de rachat auront probablement évolué. Retenons que le rachat de trimestres est intégralement déductible du revenu imposable.

CONSEIL n° 4

« Il est désormais possible de racheter les trimestres de début d'activité à partir du moment où ceux-ci avaient été exonérés de cotisations… jusqu'au 1er janvier 2016, date à laquelle le rachat ne pourra plus se faire, précise Marc Darnault. »

Puis-je continuer de travailler ?

« Les nouveaux textes ont donc intégré la démographie déclinante, la baisse du pouvoir d'achat... et la possibilité d'y remédier, commente le Dr Alain Chanderot. Le législateur a, en effet, retiré un certain nombre d'obstacles qui interdisaient le cumul des retraites. Il est donc désormais possible d'encaisser ses retraites et de poursuivre une activité sans application d'un seuil sur les revenus issus de l'activité libérale. » Les professionnels libéraux qui le souhaitent peuvent cumuler sans aucune restriction la pension du régime de base avec les revenus de leur activité libérale… sous réserve d'avoir fait liquider l'ensemble de leurs pensions auprès des régimes de retraite de base et complémentaire dès l'âge minimal légal d'ouverture des droits (s'ils totalisent la durée d'assurance nécessaire à l'obtention d'une retraite à taux plein) ou, à défaut, à partir de l'âge du taux plein.

CONSEIL n° 5

« Pour les professionnels qui ne respectent pas ces conditions, les règles antérieures de cumul d'emploi/retraite subsistent. Ainsi, cumuler la pension du régime de base avec les revenus libéraux demeure possible dès l'âge minimal d'ouverture des droits, à condition que les revenus ne dépassent pas le plafond de la Sécurité sociale en vigueur (35 352 €). Mais attention : ce n'est pas le cas pour les régimes complémentaire et supplémentaire qui cesseront de verser les pensions jusqu'à la cessation définitive de l'activité professionnelle, conclut Marc Darnault. »